
Le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) s'indigne de la mise en œuvre du doublement des salaires des militaires et policiers par le gouvernement sans passer par le Parlement.
Dans une interview accordée à 7SUR7.CD ce mercredi 02 avril 2025, Valéry Mandianga, coordonnateur national du CREFDL révèle plusieurs violations qui caractérisent la mise en application de cette décision dont celle de la loi des finances publiques et de l'approbation du Parlement comme autorité budgétaire.
À l'en croire, cette décision ne garantit nullement la « transparence » et la « recevabilité », car elle est appliquée hors du cadre budgétaire.
« La décision du gouvernement portant doublement des salaires des militaires est une bonne décision, nous savons que le gouvernement est capable de payer même plus, aller même jusqu'à 1000$ par militaire, nous avons toujours plaidé pour l'amélioration des conditions des vies des militaires, ça c'est notre plaidoyer. Mais néanmoins, nous sommes légalistes, nous devons toujours pousser pour que cette décision soit exécutée conformément aux lois qui régissent notre pays, là, je fais allusion à la loi relative aux finances publiques qui dit clairement à son article 10 (qu'aucune dépense ne peut être effectuée si elle n'est pas retracée dans un document qu'on appelle la loi des finances), ça, c'est ce que dit la loi. Et aujourd'hui, le conseil des ministres a décidé et le gouvernement exécute, maintenant nous sommes dans une gestion hors cadre budgétaire, soit, c'est une gestion extra-budgétaire qui ne garantit nullement la transparence et la recevabilité », a déclaré Valéry Mandianga.
Selon V. Mandianga, seul le Parlement allait encadrer cette mesure avec vérification des effectifs réels des militaires, afin d'éviter l'explosion budgétaire.
« Pour nous, nous pensions que la décision devrait passer par le Parlement qui est l'autorité budgétaire, pour que le Parlement vérifie, en amont, quels sont les effectifs réels des militaires, quels sont les grades des militaires, qui doit gagner quoi, qui est à quel endroit », a-t-il dit.
Il estime que cette démarche aurait permis d'éviter les gaspillages. Elle devrait être soumise à un contrôle régulier en associant l'Inspection générale de l'armée pour avoir une idée juste des effectifs fiables afin d'éviter l'explosion budgétaire.
Roberto Tshahe