Au total , 17 015 cas de violation des droits de l’homme ont été recensés à Goma et Bukavu, dont 15 769 cas d’atteintes à la vie, 829 enlèvements et 417 cas de torture et autres traitements inhumains.
Ces chiffres ont été présentés, samedi, lors de la clôture de l’atelier de publication du rapport sur la situation des droits humains à Goma, dans la province du Nord-Kivu, et à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu.
Le rapport, élaboré par des experts des ministères sectoriels, de la société civile et d’ONG, documente les violations commises à Goma et à Bukavu par le M23/AFC. Ces violences ont provoqué des déplacements forcés, portant le nombre de déplacés internes et externes à environ 7,4 millions.
« Durant dix jours, les experts ont recoupé et analysé les informations concernant les atrocités commises sur de paisibles citoyens : violences faites aux femmes, destruction d'infrastructures sociales et déplacements internes massifs. Au moins 17 015 cas d'atteinte à la vie et à l'intégrité physique ont été renseignés, dont 15 769 cas d'atteinte à la vie, 829 cas d'enlèvement et 417 cas de torture et autres traitements inhumains. Ces violences sont à l'origine de déplacements forcés. À ce jour, l'on compte environ 7,4 millions de déplacés internes et externes », indique ce rapport.
Jonas Tshombela, représentant de la société civile, a salué l’engagement du gouvernement central, affirmant que « la paix durable ne peut se bâtir sur l’oubli des victimes ni sur le silence face aux crimes ».
Pour sa part, le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Paul Nsapu, a rappelé que les violations documentées (assassinats, violences sexuelles, enlèvements, arrestations arbitraires, actes de torture, fosses communes, pillages et destructions) traduisent une « atteinte profonde » à la dignité du peuple congolais. Il a réaffirmé l’engagement de la CNDH à poursuivre la documentation et à contribuer à la lutte contre l’impunité.
De son côté, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a présenté les recommandations des experts, notamment la création d’un Tribunal Pénal International pour les crimes commis en RDC, le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité, l’augmentation du nombre de magistrats et la mise en place de mécanismes de justice transitionnelle.
Présente à cette cérémonie, la première ministre, Judith Suminwa Tuluka, s’est engagée « solennellement » à porter ces recommandations au plus haut niveau.
« Nous agirons pour que justice soit faite. Ce rapport sera le fer de lance de notre plaidoyer pour la reconnaissance du génocide congolais et pour que les responsables répondent enfin de leurs actes », a-t-elle déclaré, en appelant à une mobilisation générale afin que « ce rapport résonne partout où la justice est attendue ».
L’événement, organisé par le ministère des Droits Humains à Kinshasa, a réuni des membres du gouvernement, des défenseurs des droits de l’homme, des représentants de la société civile et plusieurs autres personnalités.
Raphaël Kwazi