Le parti politique Ensemble pour la République a rejeté le processus de dialogue national proposé par le président Félix-Antoine Tshisekedi, estimant qu’il ne répond pas aux exigences d'un dialogue « sincère, inclusif et crédible ».
Dans une déclaration rendue publique ce 2 février 2026 à Kinshasa, la formation politique dirigée par Moïse Katumbi réaffirme son attachement à un dialogue national sous la médiation morale et neutre de la CENCO et de l’ECC, conformément à l'initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC.
Selon Ensemble pour la République, « un dialogue national inclusif est une nécessité vitale pour restaurer l’unité nationale, rétablir la paix et mettre fin aux crises profondes qui minent la République démocratique du Congo ». Ce parti estime toutefois que le dialogue envisagé par le chef de l’État ne constitue qu’un « simulacre » et ne saurait apporter des solutions durables aux problèmes du pays.
Il souligne qu’un véritable dialogue ne peut être « une concession du pouvoir ni une rencontre de convenance entre alliés politiques », mais doit permettre d’affronter « avec lucidité et courage les causes profondes de la crise politique, sécuritaire, sociale et morale ».
Ensemble pour la République pose également plusieurs préalables jugés indispensables à l’ouverture d’un dialogue crédible.
Il s’agit notamment de la libération immédiate des prisonniers politiques et d’opinion, de la fin des poursuites judiciaires instrumentalisées, de la levée des restrictions à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants, ainsi que de la cessation de toute forme de répression contre les voix dissidentes.
« Ces mesures ne sont ni des concessions ni des faiblesses, mais le socle minimal de la confiance sans laquelle aucun dialogue ne peut être sincère », insiste le document.
Ensemble pour la République dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de contradictions flagrantes du président Tshisekedi, l’accusant de refuser le dialogue avec l’opposition à l’intérieur du pays tout en négociant avec les rebelles de l’AFC/M23 à Doha. Il met également en garde contre toute tentative de modification constitutionnelle, rappelant que « le président Félix Tshisekedi exerce actuellement son second et dernier mandat, qui s’achève en 2028 ».
Enfin, Ensemble pour la République renouvelle son soutien aux efforts de médiation régionale, notamment à ceux du président angolais João Lourenço et de l’Union africaine, sous la facilitation du président togolais Faure Gnassingbé, en faveur d’une solution africaine durable à la crise dans la région des Grands Lacs.
Roberto Tshahe