RDC : Nathanaël Onokomba réclame sa mise en liberté

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 Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a poursuivi, ce vendredi 11 septembre 2026, l’instruction de l’affaire opposant le ministère public au jeune opposant Nathanaël Onokomba, poursuivi notamment pour apologie du terrorisme ainsi que pour des faits liés à la négation, la minimisation, l’approbation ou la justification de crimes attribués au Rwanda en République démocratique du Congo.

À l’audience, la défense a contesté la régularité de la détention de Nathanaël Onokomba et sollicité sa mise en liberté provisoire. Prenant la parole après ses avocats, le prévenu a plaidé son innocence et demandé aux juges d’appliquer la loi.

« Ça fait huit mois que je suis en détention. J’ai raté ma session comme étudiant et beaucoup d’autres choses. Je suis arrivé ici sans indice de culpabilité. Vous êtes les juges, je suis le prévenu. L’avantage que j’ai, c’est que vous n’avez qu’une seule autorité, qui est la loi. C’est à vous d’appliquer la loi. Je vous demande juste d’appliquer la loi », a déclaré Nathanaël Onokomba.

Le prévenu a également évoqué une référence biblique pour interpeller les juges civils sur leur décision à venir.

« Un jour, le Fils de l’homme, Jésus-Christ, était devant Pilate. Pilate a choisi d’appliquer la loi et a renvoyé le dossier. Aujourd’hui, je ne veux pas que vous soyez des Hérode. Les juges militaires se sont comportés comme des Pilate. Aujourd’hui, c’est vous qui allez décider », a-t-il affirmé.

La défense dénonce des irrégularités

Les avocats de Nathanaël Onokomba ont notamment soutenu qu’après que le Tribunal militaire de garnison s’était déclaré matériellement incompétent, le parquet près le TGI/Gombe, auquel le dossier a été transmis, n’aurait procédé à aucun nouvel acte d’instruction à l’endroit de leur client.

Selon la défense, Nathanaël Onokomba n’aurait notamment jamais été auditionné par le parquet civil après le transfert du dossier.

Les conseils ont également affirmé que certaines préventions ainsi que certains procès-verbaux avaient été écartés au cours de la procédure devant le Tribunal militaire de garnison.

Ils ont, en outre, contesté la régularité du transfert de Nathanaël Onokomba à la prison centrale de Makala, affirmant qu’aucun mandat d’arrêt provisoire ni ordonnance de détention préventive ne figurait au dossier.

« Vous constaterez que la nature de la détention de Nathanaël à la prison centrale de Makala est à trouver dans le droit. Il y a une irrégularité notoire, messieurs les juges. Vous allez ordonner sa mise en liberté afin qu’il puisse revenir comparaître, s’il échet », a plaidé l’un de ses avocats.

La défense a également indiqué que son client, étudiant, avait raté sa session universitaire en raison de cette affaire.

L’affaire renvoyée au 18 septembre

À l’issue des échanges, le Tribunal a suspendu l’audience et renvoyé la cause au 18 septembre 2026.

Cette prochaine audience devrait notamment être consacrée au prononcé du jugement avant dire droit sur la requête de mise en liberté provisoire et, éventuellement, aux plaidoiries ainsi qu’au réquisitoire du ministère public.

Du Tribunal militaire au TGI/Gombe

Nathanaël Onokomba était initialement poursuivi devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe dans le cadre de la même affaire. Les juges militaires avaient instruit le dossier au fond avant de se déclarer, dans leur jugement, matériellement incompétents.

À la suite de cette décision, l’Auditorat militaire près le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a transmis le dossier au parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe pour instruction préjuridictionnelle et, s’il échet, fixation de l’affaire pour l’ouverture du procès.

Les faits reprochés à Nathanaël Onokomba

Concernant le volet relatif à l’apologie du terrorisme, l’Auditorat militaire avait reproché à Nathanaël Onokomba des propos tenus lors d’une émission télévisée, dans lesquels il aurait notamment déclaré : « Vaut mieux avoir une RDC sous la colonisation qu’une RDC dirigée par Félix Tshisekedi. Nous sommes mille fois colonisés. »

Pour le ministère public, ces propos constitueraient un soutien au mouvement politico-militaire AFC/M23 et seraient susceptibles de relever de l’infraction d’apologie du terrorisme, prévue et punie par l’article 206 du Code pénal militaire.

Le second volet des poursuites concerne une publication faite par Nathanaël Onokomba, le 22 juin 2025, sur son compte X, dans laquelle il écrivait : « Le Rwanda n’a jamais agressé la RDC, ni tué nos familles à l’Est, ni soutenu le M23. Il a plutôt mis en place un mécanisme de défense contre les FDLR soutenus par la RDC. »

À l’audience, Nathanaël Onokomba a soutenu que cette publication constituait une paraphrase de certaines mentions contenues, selon lui, dans l’accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine.

Il a affirmé avoir voulu, à travers cette publication, exprimer son désaccord et son regret face à ce qu’il considère comme une forme de blanchiment du Rwanda dans cet accord, alors que, selon lui, ce pays est impliqué dans les violences qui endeuillent l’Est de la RDC depuis plusieurs décennies.

L’affaire reste pendante devant le TGI/Gombe, qui devra se prononcer dans un premier temps sur la demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense.

ODN