Anciens combattants : le désarmement des Mobondo et la mise en place d’une équipe médicale mobile parmi les actions d’Eliezer Tambwe

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Le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale, chargé des Anciens combattants, Eliezer Tambwe, a présenté le bilan de sa première année d’action gouvernementale. Son intervention a notamment porté sur l’identification des anciens combattants, la réforme de leur statut, la récupération de leur patrimoine ainsi que le processus de désarmement et de réinsertion des ex-combattants du phénomène Mobondo dans le Grand Bandundu.

Lors de cette séance de redevabilité, Eliezer Tambwe a expliqué que la création d’un ministère délégué spécifiquement consacré aux anciens combattants traduit la volonté du président Félix Tshisekedi de renforcer la reconnaissance envers ceux qui ont servi la République sous les drapeaux.

Au cours de cette première année, le Gouvernement a lancé un processus d’identification biométrique des anciens combattants. L’objectif est de constituer un fichier fiable permettant de distinguer les véritables anciens combattants des personnes revendiquant frauduleusement ce statut.

Le ministre a fait état de plusieurs irrégularités découvertes lors des missions effectuées notamment à Kinshasa et au Kasaï Oriental, où les chiffres communiqués par certaines structures étaient largement supérieurs aux effectifs réellement constatés sur le terrain. Les opérations d’identification se poursuivent dans plusieurs provinces du pays.

Le ministère mène également une opération visant à identifier, récupérer et sécuriser les biens appartenant aux anciens combattants. Plusieurs concessions auraient été occupées ou spoliées au fil des années, notamment à Kinshasa, Matadi, Lubumbashi et Likasi. Selon Eliezer Tambwe, le Gouvernement a engagé des démarches administratives et judiciaires pour récupérer ces biens et protéger les droits des anciens combattants.

Sur le plan social, plusieurs mesures d’urgence ont été prises pour améliorer les conditions de vie des anciens combattants. Une cantine populaire a notamment été mise en place avec l’appui du Service national. Une équipe médicale mobile a également été constituée pour intervenir directement auprès des anciens combattants malades et réduire les difficultés liées au transport vers les structures sanitaires.

À plus long terme, le Gouvernement envisage la construction d’un hôpital national de référence dédié aux anciens combattants.

Sur le plan législatif, le projet de loi portant statut des anciens combattants constitue également l’un des principaux dossiers du ministère. Le texte a déjà été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale et se trouve actuellement en commission pour toilettage. Il doit notamment permettre de définir officiellement le statut d’ancien combattant, ainsi que les droits et mécanismes de prise en charge qui y sont liés.

Concernant le phénomène Mobondo dans le Grand Bandundu, Eliezer Tambwe a indiqué que le président de la République lui avait confié la coordination des actions liées au désarmement, en collaboration avec les Forces armées de la RDC.

Le ministère dit avoir privilégié l’identification des différents acteurs impliqués dans le conflit, suivie d’un travail de sensibilisation et de dialogue afin d’encourager le dépôt volontaire des armes. Douze missions de terrain ont déjà été effectuées dans les zones concernées.

Dans le cadre du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion, le ministre a annoncé que 596 ex-combattants ont été transférés au centre de Kanyama Kasese, où ils doivent bénéficier de formations. D’autres ex-combattants restent cantonnés à Kinshasa et dans plusieurs territoires, en attendant leur orientation vers des programmes de formation ou d’autres mécanismes de réinsertion.

Le Gouvernement privilégie une réinsertion dans la vie civile plutôt qu’une intégration automatique au sein des Forces armées, afin de favoriser une réintégration durable dans la société.

Des forums de dialogue entre les communautés Teke et Yaka sont également envisagés pour permettre aux populations concernées d’aborder les causes profondes du conflit, de favoriser la réconciliation et de construire une paix durable.

Pour la suite de son action, le ministère prévoit notamment la construction d’un hôpital national de référence, de logements destinés aux anciens combattants ainsi que de nouveaux espaces d’accueil et de repos. Le Gouvernement entend également multiplier les cimetières militaires « Repos du Soldat » dans plusieurs provinces du pays.

À Lubumbashi, la pose de la première pierre d’un grand monument dédié aux anciens combattants est annoncée prochainement afin de rendre hommage à ceux qui ont servi la République.

Le ministère poursuit par ailleurs son travail de préservation de la mémoire des anciens militaires. À Uvira, la tombe du premier sergent Mbavu Moya, figure historique de la Force publique, a été réhabilitée. Le Gouvernement travaille également à la préservation de sa résidence en tant que patrimoine national.

Un projet d’hommage aux soldats congolais enterrés en Égypte est également envisagé en collaboration avec les autorités égyptiennes et belges. Le ministère prévoit par ailleurs l’exhumation du corps du colonel Mamadou Ndala afin de lui rendre les honneurs militaires dans un cadre plus approprié.

Eliezer Tambwe a enfin rappelé la décision du chef de l’État de régulariser les allocations de fin de carrière de plusieurs anciens combattants. Pour le ministre, la reconnaissance des droits de cette catégorie de citoyens constitue un devoir de la République et un signal adressé aux générations appelées à défendre le pays.

Roberto Tshahe Da Cruz