Le député Laddy Yangotikala Segha, auteur de la motion de défiance pendante à l’Assemblée nationale contre Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, est désormais lui-même visé par une plainte pour « faux en écritures ».
Cette plainte, déposée par un dénonciateur du nom de Pambu Jean-Marie, porte sur la contestation des signatures de la pétition ayant validé cette motion de défiance.
Dans une interview accordée ce mardi 21 avril à 7SUR7.CD, le député Laddy Yangotikala, qui reste serein quant à la convocation prochaine de la plénière devant examiner cette initiative parlementaire, a dénoncé une violation de la procédure par le magistrat qui lui aurait transmis la plainte.
« Je ne sais pas si celui qui m’a transmis cette plainte est vraiment un magistrat. Je ne sais pas s’il connaît la procédure. C’est-à-dire qu’à un député, on n’envoie pas une plainte via son téléphone WhatsApp ! On saisit l’Assemblée nationale pour solliciter l’ouverture du dossier et la levée des immunités », a-t-il réagi.
Concernant la suite du dossier, l'élu de Kisangani-ville affirme ne pas douter que la prochaine plénière convoquée examinera la motion de défiance.
Selon Laddy Yangotikala, qui invoque l’article 235, alinéa 6 du règlement intérieur, « le texte n’a pas dit qu’on ne traite une motion que 48 heures après le dépôt, mais plutôt qu’elle peut être débattue en plénière 48 heures après son dépôt, et non avant ».
Le député est également revenu sur les accusations de manipulation dont il fait l’objet depuis le dépôt de cette motion, certains y voyant l’ombre du secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya.
« D’abord, il faut savoir que je suis un homme de conviction. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas manipulable. Je n’ai ni le numéro de téléphone du secrétaire général de l’UDPS, ni connaissance de son bureau. À l’Assemblée nationale, je n’ai jamais passé plus d’une minute à échanger avec les secrétaires généraux de l’UDPS. C’est juste par respect envers un aîné. Nous le voyons, nous lui disons bonjour, secrétaire général du parti présidentiel, point barre. Je n’ai jamais parlé avec lui au téléphone, je ne l’ai jamais vu dans son bureau. Et pour ceux qui disent qu’il me manipule, c’est leur droit le plus légitime. Qu’ils apportent les preuves de cette manipulation. Moi, en tant que député, j’ai fait mon travail », a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : « Vrai ou faux, il y a une insécurité grandissante à Kinshasa, à Lubumbashi, à Kisangani, à Boma, à Matadi ? Vrai ou faux ? On lui demande juste de venir s’expliquer devant la représentation nationale en tant que responsable de la police. Une motion ne signifie pas forcément une éviction. Nous voulons simplement l’entendre sur ces questions. »
Pour rappel, cette motion avait été déposée le 12 avril par Laddy Yangotikala, qui revendiquait 56 signatures pour obtenir la déchéance du VPM Jacquemain Shabani, accusé d’« incompétence » dans la gestion de la sécurité des milieux urbains congolais.
MD