L’administrateur militaire du territoire d’Irumu, le Colonel Siro Nsimba Bunga Jean, a suspendu tous les travaux de construction et a ordonné la démolition des maisons et lotissements construits illicitement sur l’étendue du cimetière de Kingove, situé dans le secteur des Bahema Sud à Kasenyi, près du lac Albert.
Dans un communiqué officiel publié mardi 18 août 2026 à l’issue de la réunion du comité local de sécurité, l’autorité territoriale dénonce avec amertume et consternation la profanation des tombes et la spoliation du cimetière de Kingove lors d’une mission d’itinérance effectuée dans cette partie sud du territoire d’Irumu.
À en croire le communiqué de l’exécutif territorial, ces actes violent la loi N° 73-021 du 20 juillet 1973, modifiée et complétée par celle du 30 décembre 2025, en son article 10.
À l’issue de la réunion tenue à Irumu, chef-lieu du territoire éponyme, en présence des services techniques du secteur foncier, l’administrateur militaire a ordonné notamment la suspension immédiate de tous les travaux de construction des maisons et lotissements illicites dans le cimetière Kingove. Il a également accordé un moratoire d’un mois à chaque personne ayant construit sur le site, pour procéder à la démolition et à la libération sans condition de l’espace réservé aux âmes disparues.
Le colonel Siro Nsimba Bunga Jean a laissé entendre que, passé ce délai, les récalcitrants s’exposeront à des mesures contraignantes. Ce communiqué responsabilise le chef de secteur des Bahema-Sud et les services techniques afin d’identifier tous les auteurs de la spoliation et de faire rapport à l’administrateur du territoire dans un délai de 48 heures.
Ce dossier relance le débat sur la pression foncière et le respect des sites sacrés en Ituri, où plusieurs cimetières sont menacés par l’expansion des habitations. Pour les autorités locales, la protection de ces lieux de mémoire reste une condition essentielle pour préserver la cohésion sociale et la dignité des disparus.
Joël Losinu, à Komanda