Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a averti les responsables du réseau social TikTok face à la multiplication des contenus jugés malsains et aux dérives observées ces derniers temps sur la plateforme.
Le rapporteur adjoint de cette institution d’appui à la démocratie, Serge Ndjibu, s’exprimant jeudi 13 août 2026 dans message parvenu à 7SUR7.CD, a prévenu que des mesures pourraient être prises, allant jusqu’à la restriction ou au blocage de l’accès à TikTok sur le territoire national, si certaines dispositions ne sont pas prises pour mieux encadrer les créateurs de contenus.
« En République démocratique du Congo, nous avons observé il y a quelque temps que TikTok, comme réseau social, a perdu tout caractère social. Cette plateforme tend à devenir le théâtre de la vulgarité, de règlements de comptes, de discours de haine et d’atteintes répétées à la dignité humaine. Il s’agit là d’une dérive dangereuse qui ne peut plus être tolérée. La liberté d’expression n’est pas un permis d’insulter, ni une autorisation de détruire impunément l’honneur d’autrui ou de menacer la paix sociale. En tant qu’autorité de régulation et de communication des médias, nous adressons un avertissement solennel à TikTok et, bien-sûr, aux autres plateformes numériques : si elles ne prennent pas, sans délai, des mesures visibles, efficaces et vérifiables pour notamment identifier, modérer et retirer les contenus illicites visant les citoyens comme les autorités de la République, et, le cas échéant, supprimer les comptes concernés, alors je vous assure que toutes les options légalement envisageables sont à l’examen et pourront aboutir à des restrictions, voire carrément au blocage de leur accès sur le territoire national. Nous ne pouvons pas laisser les intérêts commerciaux prévaloir sur la dignité humaine, la cohésion nationale ou la volonté du vivre-ensemble », a-t-il déclaré.
Cette mise en garde intervient alors qu’une récente polémique sur TikTok a ciblé la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi. Cette affaire a notamment suscité une mobilisation en ligne ainsi qu’une marche au cours de laquelle un mémorandum avait été déposé auprès du CSAC.
À la suite de cette manifestation, le président du CSAC, Christian Bosembe, avait annoncé la fermeture de quelque 2 000 comptes présentant des contenus problématiques.
De son côté, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a plaidé pour un meilleur encadrement des utilisateurs plutôt que pour une suppression complète de TikTok, estimant qu’une telle mesure risquerait également de pénaliser les nombreux utilisateurs qui font un usage responsable de la plateforme.
Christel Insiwe