Une année après son entrée au gouvernement, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, entend poursuivre la dynamique des réformes engagées dans le secteur de la justice en République démocratique du Congo.
Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère de la Justice, parvenue ce dimanche 9 août 2026 à la rédaction de 7SUR7.CD, le ministre réaffirme sa détermination à poursuivre ces réformes malgré les résistances et les difficultés rencontrées.
Au cours de cette première année d’exercice, plusieurs actions ont été mises en avant par le ministère, notamment dans la lutte contre la corruption et l’impunité, l’amélioration des conditions carcérales, le renforcement du personnel judiciaire ainsi que la modernisation du système de justice.
Sur le volet de la lutte contre la corruption, Guillaume Ngefa affirme vouloir poursuivre les réformes engagées, à lutter contre la corruption, contre les réseaux criminels et contre toutes les formes d’impunité. Dans cette perspective, il indique notamment avoir refusé le paiement de certains avocats de la République qui ne disposaient pas de rapports d’audience, tout en annonçant la nomination de nouveaux avocats répondant aux exigences d’intégrité.
La situation dans les établissements pénitentiaires constitue également l’un des dossiers prioritaires du ministère. À en croire le bilan présenté, 270 détenus ont bénéficié d’une libération conditionnelle après un examen minutieux et rigoureux de leurs dossiers.
Des mesures d’urgence et de nouvelles réformes ont également été annoncées afin d’améliorer les conditions de détention et de contribuer au désengorgement de plusieurs établissements pénitentiaires, notamment les prisons de Makala, Ndolo, Luzumu et celles du Grand Katanga.
Le renforcement du personnel judiciaire fait partie des autres actions mises en avant. 100 officiers de police judiciaire ont été formés, nommés et déployés afin de contribuer à la légalité des enquêtes. Le ministère évoque également l’intégration de 2.500 nouveaux magistrats pour répondre au déficit de personnel observé dans plusieurs juridictions du pays.
Pour Guillaume Ngefa, ces mesures doivent accompagner la transformation du système judiciaire congolais. Il plaide notamment pour une justice davantage modernisée, reposant sur la transformation numérique, la célérité des procédures et la transparence.
Dans ce cadre, le Programme de réforme de la justice, matérialisé par la signature en novembre 2025 du PRODOC 2025-2029 avec les Nations unies, constitue l’un des instruments devant accompagner la réforme du secteur. Son déploiement est prévu dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo.
Le ministre de la Justice entend également renforcer la réponse judiciaire face aux abus commis dans le cyberespace. Des instructions ont été données aux procureurs afin de poursuivre, conformément à la loi, les faits de diffamation, de diffusion de fausses informations, de harcèlement ou encore d’incitation à la haine.
La lutte contre les spoliations immobilières et financières figure aussi parmi les préoccupations de son ministère. Un cadre de concertation a été mis en place afin de renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés et de lutter contre ces pratiques.
Guillaume Ngefa insiste par ailleurs sur les limites liées à ses fonctions de ministre de la Justice. Il rappelle qu’il ne juge pas, ne condamne pas, ne prononce aucune sanction pénale. Son rôle consiste notamment à veiller au respect des lois et au bon fonctionnement de l’appareil judiciaire.
Le ministre appelle, dans le même temps, les magistrats à exercer leurs fonctions avec indépendance et rigueur. Il estime que le magistrat ne doit être ni l’instrument du puissant, ni l’otage de l’émotion tout en réaffirmant une politique de tolérance zéro face aux pressions et à la corruption dans le secteur judiciaire.
Sur le plan international, Guillaume Ngefa a également porté la question des crimes commis dans l’Est de la RDC devant plusieurs tribunes. À Genève, il a notamment plaidé pour que tous les crimes de masse et de nettoyage ethnique commis dans cette partie du pays puissent être jugés.
Nommé au sein du gouvernement Suminwa II en août 2025, en remplacement de Constant Mutamba, Guillaume Ngefa entend ainsi inscrire son action dans une logique de réforme durable du système judiciaire congolais.
Malgré les critiques et les campagnes de désinformation dénoncées par son cabinet, le ministre assure rester fidèle à ses principes, notamment le respect de la Constitution, la primauté du droit et la défense des droits humains.
Chançard Sindani