RDC : des fidèles catholiques dénoncent la politisation des cultes par la CENCO

Image
Image

La Dynamique des catholiques pour le respect de la liberté des consciences des fidèles (DCLCF) a, dans une correspondance datée du 7 juillet 2026 et adressée à la nonciature apostolique en République démocratique du Congo, demandé au représentant du Saint-Siège de transmettre au pape Léon XIV ses préoccupations concernant l'engagement de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dans le débat politique national.

Dans leur requête, les signataires reviennent notamment sur le message publié par la CENCO le 19 juin 2026, intitulé « La Nation est en péril ! Dressons nos fronts, prenons le plus bel élan ». Les évêques y exprimaient leur opposition à toute révision des dispositions constitutionnelles protégées par l'article 220 de la Constitution et appelaient les fidèles à rester vigilants face à ce processus.

Selon la DCLCF, cette prise de position dépasse le cadre pastoral et intervient dans un débat relevant du domaine politique. La structure estime que les fidèles catholiques doivent pouvoir avoir des opinions différentes sur les questions qui ne concernent pas directement la foi ou la doctrine de l'Église.

Les membres de cette dynamique dénoncent également le déroulement de la messe d'action de grâce célébrée le 30 juin 2026 à Kinshasa, à l'occasion de la commémoration de l'indépendance de la RDC.

Ils affirment que cette célébration religieuse aurait été utilisée comme une tribune pour relayer le message de la CENCO contre la réforme constitutionnelle. Selon eux, cette situation entretient une confusion entre la mission spirituelle de l'Église et les débats politiques.

La DCLCF estime que les lieux de culte doivent demeurer des espaces consacrés à la prière et au rassemblement des fidèles, quelles que soient leurs sensibilités politiques.

Dans leur argumentaire, les signataires citent plusieurs dispositions du droit canonique, notamment celles qui reconnaissent aux fidèles le droit d'exprimer leur opinion sur les questions concernant l'Église et la société. Ils soutiennent que cette liberté doit également s'appliquer aux choix politiques des citoyens catholiques.

La structure demande au nonce apostolique d'intervenir auprès des évêques de la CENCO afin de leur rappeler, selon elle, la distinction entre la mission spirituelle de l'Église et les engagements politiques, qui relèvent de la conscience individuelle des citoyens.

Elle sollicite également une bénédiction apostolique du pape Léon XIV ainsi qu'une prière spéciale pour la paix en République démocratique du Congo, particulièrement dans les zones touchées par les conflits armés dans l'est du pays.

Les auteurs de la requête ont choisi la date du 7 juillet, correspondant à la fête liturgique du bienheureux congolais Floribert Bwana Chui Bin Kositi, pour porter leur démarche. Ils présentent ce dernier comme un modèle d'intégrité et de courage face à la corruption.

Tout en exprimant leurs critiques à l'égard de la position des évêques, les membres de la DCLCF réaffirment leur attachement à l'Église catholique et au Saint-Siège. Ils indiquent vouloir ouvrir un débat sur la liberté de conscience des fidèles dans les questions politiques, sans remettre en cause leur appartenance à l'Église.

À ce jour, aucune réaction officielle de la CENCO ou de la nonciature apostolique en RDC n'a été rendue publique concernant cette requête.

La DCLCF se présente comme une structure informelle née de l'initiative de fidèles catholiques. Elle affirme vouloir défendre le droit des baptisés à exprimer librement leurs opinions sur les questions politiques et temporelles.

Junior Ika