Dans son rapport publié ce jeudi 9 juillet 2026, Human Rights Watch (HRW) rapporte les témoignages de sept membres de la Force du Progrès, qui affirment avoir reçu des consignes pour empêcher le sit-in de la Coalition Article 64 (C64), organisé le 12 juin à Kinshasa.
Selon l'organisation, les sept personnes interrogées ont déclaré que des membres du principal parti au pouvoir leur avaient demandé de mobiliser leurs partisans afin de perturber la manifestation.
« Nous avons tenu la dernière réunion dans l'après-midi du mercredi précédant la manifestation [le 10 juin], à Limete (10e Rue, Kinshasa). Au cours de cette réunion, deux de nos responsables nous ont clairement demandé de cibler les dirigeants de l'opposition et leurs partis », a raconté l'un des membres de la Force du Progrès cité par Human Rights Watch.
Un autre membre a également affirmé que des promesses d'argent avaient été faites pour perturber le rassemblement.
« Ils [les membres du parti] ont promis de nous donner de l'argent si nous perturbions la manifestation », a-t-il déclaré à HRW.
Un troisième témoin cité dans le rapport explique que « de nombreux jeunes rejoignent le groupe en raison des opportunités d'emplois informels ».
D'après Human Rights Watch, les membres de la C64 s'étaient d'abord rassemblés au siège du parti d'opposition Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), sur le boulevard Triomphal, avant de se diriger vers le bâtiment du Parlement.
Les manifestants ont indiqué que la police avait installé trois barricades près du rond-point Robot, devant le Palais du Peuple. Alors qu'ils approchaient de la deuxième barricade, les forces de l'ordre auraient lancé des grenades lacrymogènes en leur direction.
HRW précise également, sur la base des témoignages des manifestants, que des membres d'une force opérationnelle comprenant une unité spéciale de l'armée congolaise, la Garde républicaine et les services de renseignement étaient présents sur les lieux.
L'organisation de défense des droits humains appelle les autorités congolaises à garantir une enquête indépendante afin d'établir les responsabilités liées aux violences enregistrées lors de cette manifestation.
Roberto Tshahe Da Cruz