RDC: Faute de preuves , le procureur lève l’interdiction de sortie du territoire imposée à Jules Alingete et consorts

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Une correspondance du parquet général près la Cour de cassation, instruisant la Direction générale de migration (DGM) de veiller à l’interdiction de sortie du territoire national de Jules Alingete, ancien inspecteur général des finances, ainsi que de plusieurs autres personnes, circule largement sur les réseaux sociaux depuis le début du week-end.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction et daté du 4 juillet 2026, le procureur général près la Cour de cassation a tenu à apporter des éclaircissements sur cette affaire. Selon Firmin Mvonde, cette mesure conservatoire a été levée depuis plusieurs mois, à la suite de l’évolution des investigations menées dans ce dossier.

Le procureur général précise qu’à ce jour, aucune preuve permettant d’établir la culpabilité des personnes visées n’a été apportée.

« À ce jour, il est hasardeux de soutenir, au regard des éléments en présence, la culpabilité des incriminés, la preuve de leur implication n’ayant pas été apportée. Monsieur le procureur général tient par ailleurs à préciser que certains de ces faits portés à sa connaissance avaient, par le passé, fait l’objet d’instructions judiciaires, voire de décisions de justice ayant abouti à des non-lieux », peut-on lire dans le communiqué.

Firmin Mvonde a également mis en garde contre les interprétations hâtives de cette affaire, soulignant que toute analyse ne reposant pas sur les faits n’engage que son auteur.

« Toute conclusion résultant d’interprétations ne découlant pas des faits en présence ne peut engager que son auteur », a-t-il martelé.

Outre Jules Alingete Key, les personnes concernées par cette mesure sont Mustafa Rawji, Mazhar Rawji, Uzair Rawji, Zain Rawji, Kiala Ndombele, Nanu Mukawa (alias Nanu Alingete) ainsi que Jok Oga Ukelo.

Selon la correspondance adressée à la DGM, ces personnes faisaient l’objet d’investigations pour des faits présumés de corruption, de faux en écriture et de blanchiment de capitaux, infractions prévues et réprimées par les articles 147 bis, 148 et 124 du Code pénal congolais (Livre II), ainsi que par les dispositions de la loi n°22/068 du 27 septembre 2022 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, telle que modifiée et complétée par la loi n°25/048 du 1er juillet 2025.

Dans son communiqué, le procureur général indique que les investigations ont été ouvertes à la suite d’une injonction du ministre de la Justice et garde des Sceaux, formulée dans une lettre datée du 18 juin 2026.

Il explique que la mesure d’interdiction de sortie du territoire avait été prise dans le seul but de garantir la disponibilité des personnes concernées devant les autorités judiciaires durant la phase préliminaire de l’enquête.

« Au regard de la lutte menée par notre pays contre les faits de corruption et de blanchiment de capitaux, il était impérieux d’agir rapidement afin de recueillir les données nécessaires à l’enquête. La mesure d’interdiction de sortie du territoire, loin de constituer une sanction ou de présumer une quelconque culpabilité, était une mesure conservatoire destinée à garantir la disponibilité des personnes concernées devant l’officier du ministère public », a expliqué Firmin Mvonde.

Il convient de rappeler que la divulgation de la correspondance adressée à la DGM a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont considéré, à tort, que les faits reprochés étaient déjà établis à l’encontre des personnes visées et les ont publiquement condamnées, alors même que les enquêtes n’ont, à ce stade, apporté aucun élément de preuve concluant.

ODN