Au cours d’une cérémonie d’échange de vœux tenue ce samedi 7 février au siège de son parti, l’Alliance pour le changement (A.Ch), l’opposant Jean-Marc Kabund a réitéré son appel à l’organisation d’un dialogue inclusif impliquant toutes les parties en conflit, afin de résorber la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Après avoir dressé un tableau sombre de la situation nationale, notamment sur les plans social, sécuritaire, de l’emploi et de la gouvernance, Jean-Marc Kabund a insisté sur la nécessité d’un dialogue regroupant les acteurs politiques congolais ainsi que les antagonistes du tandem M23/AFC, sous une médiation neutre, pour mettre fin aux atrocités qui endeuillent l’Est du pays depuis plus de trois décennies.
Selon lui, les agresseurs doivent prendre part à ces pourparlers afin de parvenir à une solution intermédiaire susceptible de déboucher sur un accord global de paix.
« Il est incorrect qu’un pouvoir contesté puisse se choisir ses interlocuteurs et fixer seul les règles du jeu. Cela ne relève plus du dialogue, mais du monologue. C’est pour cette raison que nous rejetons avec force un dialogue défini unilatéralement selon les critères arrêtés par le pouvoir en place. La paix ne se convoque pas au cours d’un meeting ; elle se construit dans l’équilibre, l’inclusivité et la légitimité. Notre position est claire et constante : nous ne participerons qu’à un dialogue politique véritablement inclusif, conduit par une facilitation neutre, avec comme ligne rouge non négociable le respect de la Constitution, de la souveraineté nationale et la préservation de l’intégrité territoriale », a-t-il déclaré.
Et de renchérir : « Comme préalable, nous exigeons la libération des prisonniers politiques et d’opinion, l’arrêt immédiat des enlèvements et arrestations arbitraires des opposants politiques, la liberté de mouvement à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, la cessation des actes d’intimidation et d’humiliation des opposants à l’aéroport international de Ndjili, le retour des exilés politiques ainsi que la libération de l’espace public. Ce sont là, pour nous, des préalables non négociables. Car les nations ne tombent pas seulement lorsqu’elles sont attaquées de l’extérieur ; elles vacillent surtout lorsqu’elles cessent de se parler honnêtement à l’intérieur. »
Et de conclure : « Il est incorrect de négocier en aparté avec les agresseurs à Doha, tout en les excluant du dialogue politique. »
Jean-Marc Kabund a tenu à préciser que l’appel au dialogue ne relève nullement d’un positionnement politique de l’opposition, rappelant que des concertations antérieures, notamment le dialogue de Sun City et celui du Centre interdiocésain, avaient permis de ramener une accalmie durable dans le pays.
Junior Ika