RDC : la structuration du secteur culturel et le renforcement du soft power au cœur des actions de Yolande Elebe

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La ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a dressé le bilan d’une année de son action depuis l’installation du gouvernement Suminwa II, lors de l’exercice de redevabilité. Lors d’un exercice de redevabilité le week-end dernier, elle a notamment mis en avant la structuration du secteur culturel, la protection du patrimoine national et le renforcement du soft power congolais à travers une diplomatie culturelle active.

Yolande Elebe a indiqué que la culture constitue le fondement de l’identité nationale et un levier stratégique du développement de la RDC. Dans cette logique, son ministère a engagé plusieurs réformes visant à faire de la culture un secteur économique et créatif davantage structuré, capable de rayonner à l’échelle internationale.

Parmi les réalisations de cette première année figure l’adoption de la toute première Politique culturelle nationale de la RDC. Cette avancée dote le pays d’un cadre stratégique pour organiser le secteur culturel et ouvre notamment la voie au statut de l’artiste, dont la mise en œuvre est désormais annoncée.

La ministre a expliqué que son ministère poursuit l’identification des artistes sur l’ensemble du territoire national afin de mieux connaître l’écosystème culturel congolais, de développer des politiques publiques adaptées et de planifier les futures infrastructures culturelles, notamment les maisons de la culture prévues dans différentes provinces.

Sur le volet patrimonial, Yolande Elebe a fait savoir que le ministère a adopté un arrêté portant protection du tissu Kuba, patrimoine emblématique de la RDC, et créé le Centre national du cinéma, destiné à accompagner le développement de l’industrie cinématographique nationale.

Le ministère a également ouvert le Musée de la Rumba congolaise, installé dans l’ancienne résidence de Papa Wemba. Ce musée accueille progressivement des objets et archives confiés par des artistes afin de préserver l’héritage de la rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Lors de Mondiacult Afrique, la RDC a présenté sa nouvelle politique culturelle, qui a reçu un accueil favorable, tout en relançant les démarches autour du Centre international des civilisations bantoues (CICIBA).

La ministre a également souligné la participation de la RDC à la Biennale de Venise avec un pavillon consacré aux artistes plasticiens congolais, ainsi que son invitation comme pays d’honneur à la Biennale de Dakar. Deux rendez-vous qui, selon elle, témoignent du regain d’intérêt international pour la création congolaise.

Pour Yolande Elebe, ces invitations internationales illustrent la montée en puissance de l’art congolais et s’inscrivent dans la stratégie de soft power voulue par le chef de l’État.

En collaboration avec le ministère des Sports et Loisirs, la ministre a par ailleurs évoqué la prochaine célébration de grandes figures congolaises de la musique, des arts et du sport à travers les distinctions honorifiques annoncées par les autorités. Une initiative qui, selon elle, traduit la volonté de faire des ambassadeurs culturels et sportifs des porte-étendards de l’image de la RDC sur les scènes africaine et mondiale.

D’après elle, en associant culture et sport, le gouvernement entend consolider une diplomatie d’influence capable de valoriser le talent congolais, de renforcer la cohésion nationale et d’accroître l’attractivité du pays.

La ministre de la Culture a également indiqué que son ministère travaille à la professionnalisation et à la formalisation des acteurs culturels, ainsi qu’à leur accès aux marchés. Une réforme en profondeur de la législation sur les droits d’auteur est également en préparation afin de l’adapter aux réalités du numérique et aux standards internationaux.

À travers cette première année d’action, Yolande Elebe Ma Ndembo affirme ainsi son ambition de faire de la culture congolaise un vecteur d’identité, de diplomatie et de développement, capable de renforcer durablement le soft power de la RDC sur la scène internationale.

Linda Lusonso