Ebola en RDC : l’OMS alerte sur la propagation rapide de l’épidémie, avec près de 900 cas, 232 décès et 78 guérisons

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La situation de l’épidémie d’Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives inquiétudes. Intervenant à Lubumbashi dans le Haut-Katanga, en marge de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, la représentante ad intérim de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en RDC, Anne Dre Ancia, a dressé un tableau préoccupant de la progression de la maladie, particulièrement dans les zones minières de l’Ituri, ce vendredi 19 juin 2026.

Selon les données présentées par l’OMS, l’épidémie, déclarée le 15 mai dernier, ne concernait initialement que trois zones de santé dans la province de l’Ituri. Un peu plus d’un mois plus tard, elle s’est propagée à plus de 33 zones de santé réparties entre l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

« Au moment de la déclaration de l’épidémie, nous avions trois zones de santé affectées. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 33 zones touchées, dont 21 en Ituri, 11 au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu », a déclaré Anne Dre Ancia au micro tendu par 7SUR7.CD.

La représentante a.i de l’OMS a expliqué que l’un des principaux foyers de l’épidémie demeure la cité minière de Mongbwalu, en Ituri. Cette localité, marquée par l’exploitation artisanale de l’or, l’insécurité et les déplacements fréquents de populations, présente un contexte particulièrement complexe pour les équipes de riposte.

« Mongbwalu reste l’épicentre de l’épidémie. C’est une zone minière artisanale, une zone de conflits et une zone où les mouvements de population sont importants. Les retards observés dans l’investigation et la confirmation de l’épidémie sont largement liés à ce contexte », a-t-elle expliqué.

A ce jour, l’OMS rapporte près de 900 cas et 78 guérisons. Malgré ce bilan lourd, l’organisation estime que les efforts engagés sur le terrain permettent progressivement d’améliorer la prise en charge des malades.

« Nous avons 896 cas confirmés et 232 décès, mais également 78 personnes guéries. Cela démontre que les efforts de la réponse collective commencent à produire des résultats », a souligné la responsable de l’OMS.

Pour contenir l’épidémie, plus de 68 partenaires nationaux et internationaux sont mobilisés aux côtés du gouvernement congolais. Les agences des Nations-unies, les ONG, les organisations de la société civile ainsi que les acteurs du secteur minier participent à cette riposte multisectorielle. Anne Dre Ancia a également évoqué les obstacles socio-culturels rencontrés dans certaines communautés. Des croyances locales et des rumeurs continuent d’entraver le travail des équipes sanitaires, compliquant les opérations de sensibilisation, de surveillance et de prise en charge.

Face à cette situation, l’OMS a déjà soutenu l’ouverture de neuf centres de traitement spécialisés disposant d’environ 400 lits. Ces structures respectent les normes internationales de prévention et de contrôle des infections afin de protéger à la fois les patients et le personnel médical.

« Nous devons rendre hommage aux professionnels de santé qui travaillent en première ligne. Ils prennent des risques considérables chaque jour pour sauver des vies et freiner la propagation du virus », a insisté la représentante de l’OMS.

Au-delà de la réponse d’urgence, l’OMS appelle à un renforcement durable du système de santé congolais afin d'améliorer la détection précoce et la gestion des futures épidémies. Elle a par ailleurs mis en garde contre les risques de voir d’autres priorités sanitaires être reléguées au second plan. Dans plusieurs zones touchées, les taux de vaccination restent faibles tandis que l’insécurité alimentaire et la malnutrition continuent de menacer les populations les plus vulnérables.

Patient Lukusa, à Lubumbashi