La comparution du directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba Muba, dans le cadre du procès FRIVAO suscite des interprétations divergentes. Dans une interview accordée ce mercredi 22 avril 2026 à la presse, Maître Willy Wenga Ilombe, avocat, apporte des précisions sur la qualité procédurale.
Intervenant comme expert en droit, il affirme que les lectures évoquant un basculement vers un statut de prévenu reposent sur une « mauvaise compréhension » des règles.
« Devant une juridiction, on ne comparaît jamais de manière indéterminée. On y est appelé avec une qualité précise : partie, témoin ou renseignant », explique-t-il.
Selon lui, une personne appelée comme témoin ou renseignant ne peut devenir prévenu, sauf en cas d’infraction flagrante commise à l’audience. Concernant le dossier FRIVAO, l’avocat indique que la Cour n’a pas encore abordé le fond.
« La Cour n’a pas encore entamé l’instruction au fond des témoignages. Elle s’est limitée à identifier les personnes appelées à intervenir et à déterminer à quel titre elles doivent être entendues », précise-t-il.
S’agissant de Teddy Lwamba Muba, Maître Wenga affirme qu’il n’est pas poursuivi dans cette affaire. Initialement cité comme témoin, il sera entendu comme renseignant en raison de ses anciennes fonctions de ministre des Ressources hydrauliques.
« Il sera entendu uniquement pour éclairer la Cour sur des aspects précis liés aux relations entre la SNEL et le FRIVAO. Il ne comparaît pas comme prévenu », souligne-t-il.
L’avocat rappelle que la SNEL relève d’une double tutelle : administrative, assurée par le ministère du Portefeuille, et technique, relevant du ministère des Ressources hydrauliques.
« Le ministre n’est pas gestionnaire de la SNEL. Il n’intervient ni dans les investissements en capital ni dans les décisions commerciales. Son rôle est d’ordre administratif et technique », ajoute-t-il.
Par ailleurs, Teddy Lwamba Muba avait déjà été entendu par le parquet général près la Cour de cassation, où il avait fourni des explications et déposé des pièces versées au dossier.
La Cour, après avoir pris l’affaire en délibéré, a sollicité des éclaircissements complémentaires, justifiant cette comparution.
« Il s’agit d’une audition à titre de renseignant. Il vient éclairer la Cour, pas répondre d’accusations », insiste Maître Wenga.
Réagissant aux rumeurs, il déclare : « Prétendre qu’il pourrait devenir prévenu est juridiquement infondé. Ce sont des allégations mensongères, propagées par des personnes qui cherchent à ternir son image ».
Il rappelle enfin que seule la Cour est compétente pour déterminer la qualité des intervenants dans la procédure.
Raphaël Kwazi