Dans le territoire de Kahemba, situé dans la province du Kwango, le secteur de l’éducation traverse une crise sérieuse depuis plus d’une semaine. Les écoles primaires fonctionnent au ralenti avec une paralysie presque totale des activités, conséquence du manque de fournitures scolaires et de l’absence de financement régulier.
Selon plusieurs sources locales, les établissements scolaires ainsi que les bureaux gestionnaires n’ont plus reçu de frais de fonctionnement depuis environ trois (3) mois. Cette situation bloque l’organisation des cours, fragilise la gestion administrative et détériore les conditions d’apprentissage des élèves.
La crise est encore plus visible du côté du personnel enseignant. Ce derniers dénonce le non paiement de trois (3) mois de salaire, des dysfonctionnements dans le système de bancarisation, ainsi que des prélèvements jugés injustifiés, notamment une retenue de 2.500Fc. Les enseignants évoquent également des difficultés liées à l’utilisation des cartes bancaires, souvent expirées ou invalides, ce qui complique l’accès aux rémunérations.
Face à cette situation, les enseignants menacent d’observer une grève dans les 48 heures si aucune solution n’est trouvée. Une telle action risquerait de perturber davantage le déroulement de l’année scolaire, notamment à l’approche des évaluations certificatives.
Le mardi 21 avril, une marche pacifique a été organisée à Kahemba par des membres de la synergie syndicale, notamment du SYECO et du SYNECATH. Les manifestants sont partis du marché Makolongulu pour se rendre au bureau de l’administrateur du territoire, où un mémorandum a été déposé afin d’interpeller les autorités sur l’urgence de la situation.
Lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 17 avril au centre culturel local, les enseignants ont dressé un constat préoccupant, arriérés de salaires pouvant atteindre quatre mois pour certains agents, incertitude autour de la prime liée à la gratuité de l’enseignement primaire, et manque de transparence dans la gestion des paiements.
La situation actuelle traduit un malaise profond au sein du secteur éducatif local. De nombreux enseignants affirment éprouver des difficultés à subvenir aux besoins de leurs familles et à assurer la scolarité de leurs propres enfants, dans un contexte marqué par des retards de paiement répétés et une insécurité financière persistante.
Chançard Sindani, à Kenge