Sénat : Désavoué par le groupe parlementaire AFDC-A, Modeste Bahati visé par une motion de défiance

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Le groupe parlementaire Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) au Sénat a officiellement pris ses distances avec la récente sortie médiatique de son autorité morale, Modeste Bahati Lukwebo, affirmant qu’elle n’avait fait l’objet d’«aucune discussion ni validation préalable » au sein du groupe.


Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 mars à Kinshasa, les sénateurs AFDC-A se désolidarisent de la position exprimée par l'autorité morale de leur groupe et invitent même le concerné à tirer les conséquences politiques de ses propos.

Le document porte plusieurs signatures des membres du groupe, illustrant une fracture désormais ouverte entre le leader de l’AFDC-A et une partie de ses propres sénateurs.

« Notre groupe se désolidarise de cette prise de position exprimée à titre personnel et invite le 2ᵉ vice-président du Sénat à tirer les conséquences politiques qui s’imposent », peut-on lire dans le document signé par plusieurs élus.

Le groupe parlementaire réaffirme, dans la foulée, son soutien aux orientations du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à la vision et aux réformes engagées par Son Excellence le Président de la République », indiquent les sénateurs, avant de signaler que « la souveraineté nationale appartient au peuple, conformément à l’article 5 de la Constitution ».

Dans cette même déclaration, les élus AFDC-A, qui sont 28 au total, saluent les avancées diplomatiques enregistrées par la République démocratique du Congo, notamment dans les processus de paix, et félicitent le chef de l’État pour « les succès diplomatiques ainsi que les accords de Washington, dont le projet de loi de ratification sera bientôt examiné par le Parlement».

Entre-temps, la pression s’accentue autour de Modeste Bahati. Selon plusieurs sources parlementaires, une « motion de défiance » circule déjà au Sénat et aurait recueilli 37 signatures visant le 2ᵉ vice-président de la chambre haute.

Selon le Règlement intérieur du Sénat, une motion de défiance visant un membre du Bureau (y compris le 2ᵉ vice-président) n’est recevable que si elle est signée par au moins un quart des sénateurs.

Étant donné que la chambre haute du Parlement compte 109 sénateurs, le seuil requis pour le dépôt d’une telle motion est fixé à 28 signatures, soit le quart de l’effectif total, arrondi au nombre entier supérieur.

Cette initiative intervient dans un contexte tendu, consécutif à un point de presse récemment tenu par Modeste Bahati Lukwebo, qui s’opposait notamment à un changement de Constitution.

MD