L'archevêque Léonard Matebwe Lambalamba, président national et représentant légal de l'Union des Églises Indépendantes du Congo (UEIC) milite pour la modification de l'article 1er, alinéa 1 de la Constitution de la République démocratique du Congo et estime que le développement du pays passe par l'abandon du caractère laïc de l'État au profit d'une consécration du Congo à Dieu.
Léonard Matebwe Lambalamba l'a affirmé le jeudi 11 juin 2026 au cours d'un échange avec la presse et plusieurs responsables religieux à Lubumbashi dans le Haut-Katanga. L'archevêque Léonard Matebwe Lambalamba a tenu à dissiper toute confusion entre son plaidoyer et les débats politiques sur une éventuelle révision constitutionnelle ou un troisième mandat présidentiel.
Selon lui, l'UEIC ne s'intéresse qu'à une seule disposition de la Constitution.
« Nous n'avons pas parlé du troisième mandat du chef de l'État. Ça nous intéresse trop peu. Nous n'avons rien à voir avec ça. Nous voulons que l'article 1er, alinéa 1 de la constitution, soit changé afin que le pays appartienne à Dieu. », a-t-il déclaré au micro tendu par 7SUR7.CD.
Le président de l'UEIC soutient que les discussions actuelles autour de la Constitution ne devraient pas occulter cette revendication qu'il juge fondamentale pour l'avenir du pays. Il souligne aussi que la reconnaissance de Dieu dans la Constitution constituerait un levier majeur pour le développement de la RDC.
« Le jour qu'on va toucher à ce bouton et que le pays sera dédié à Dieu, ce sera comme un bâton magique. Le lendemain, vous allez voir ce pays se développer. Même si vous voulez changer mille présidents, aussi longtemps que vous n'avez pas touché aux vrais problèmes, cela restera toujours comme ça. », a-t-il expliqué.
L'archevêque Léonard Matebwe Lambalamba considère que la laïcité de l'État, instaurée selon lui sous le régime du président Mobutu à la suite des tensions entre le pouvoir et l'Église, a eu des conséquences négatives sur la société congolaise. Il cite notamment la criminalité, la délinquance juvénile, la perte des valeurs morales ainsi que l'affaiblissement de l'enseignement religieux et civique.
« Nous ne voulons plus de la laïcité. Les dégâts sont énormes et la vie ne peut pas se développer avec la laïcité. », a-t-il insisté.
Face aux accusations de s'immiscer dans le débat politique, le président de l'UEIC revendique son droit de s'exprimer en tant que chef religieux et citoyen congolais.
« Je ne suis pas politicien. Je suis toujours pasteur et serviteur de Dieu. Je parle d'un article qui nous concerne et je dis non à la laïcité. Je n'ai jamais été contacté. Je ne suis de nulle part. Je reste pasteur et serviteur de Dieu. », a-t-il remarqué.
Interrogé sur les mécanismes permettant de modifier ou de réviser la Constitution, l'archevêque Léonard Matebwe Lambalamba a estimé que cette responsabilité revient exclusivement aux acteurs politiques.
« Ceux qui veulent changer la Constitution ont leurs moyens. Ceux qui ne veulent pas ont leurs moyens. Cette lutte ne nous concerne pas. Notre affaire à nous, c'est l'article 1er, alinéa 1. Le reste, laissez cela aux politiciens. », a-t-il souligné.
L'archevêque Léonard Matebwe Lambalamba a appelé les fidèles des Églises indépendantes ainsi que l'ensemble des croyants à soutenir cette démarche. Il a souhaité que sa volonté de voir disparaître le caractère laïc de l'État congolais et plaide pour une réforme constitutionnelle consacrant officiellement la RDC à Dieu.
Patient Lukusa, à Lubumbashi