L'ambassadeur du Japon dénonce des tracasseries à l'aéroport international de Lubumbashi

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Dans un témoignage, l’ambassadeur du Japon en République démocratique du Congo, Hidetoshi Ogawa, a partagé son expérience vécue le samedi 28 février 2026 à l’aéroport international de la Luano dans la ville de Lubumbashi.

Le diplomate explique que l’option du terminal VIP commercial, facturée à 100 dollars, offre un service fluide qui permet à ceux qui ont des moyens de voyager sans trop de contrôles.

« Utiliser le superbe terminal VIP commercial à 100 $ est une bonne option car tout est géré pour vous et vous êtes conduit en voiture jusqu'à l'avion. », a-t-il expliqué sur son compte X après avoir passé le week-end dans le Haut-Katanga.

En revanche, pour les passagers empruntant le terminal ordinaire, l’expérience serait tout autre. L’ambassadeur décrit une succession de contrôles jugés excessifs, dont la vérification des bagages, du passeport, des billets et d’autres documents, le tout dans une atmosphère de foule et de lenteur administrative.

« Vous êtes soumis à de multiples contrôles fastidieux dans la foule », a-t-il déploré tout en fustigeant les sollicitations financières ambiguës.

« Des demandes d'argent, dont on ne sait pas si ce sont des frais d'un traitement spécial pour accélérer la procédure ou des pots-de-vin, sont toujours chuchotées. », a-t-il expliqué.

Selon lui, certains voyageurs étrangers, notamment des hommes d’affaires, choisissent d’ignorer ces requêtes informelles. Parmi les pratiques mentionnées figure celle liée à la carte internationale de vaccination contre la fièvre jaune, communément appelée « carte jaune ».

« L'histoire de la “date d'expiration” de la carte jaune est une tactique d'extorsion courante », a-t-il affirmé tout en rappelant que cette carte est désormais valable indéfiniment à l’échelle internationale, y compris en RDC, indépendamment de la date inscrite. Il encourage donc les voyageurs à ne pas céder à cette pression, même lorsqu’elle émane d’un agent en uniforme.

L’ambassadeur estime que la situation à Lubumbashi est « particulièrement mauvaise » comparée à d’autres aéroports du pays, y compris celui de Kinshasa. Il s’interroge sur les raisons de cette multiplication des contrôles : « On ne sait pas si c'est une mesure de création d'emploi des agents de contrôle, ou si c'est parce que la qualité de chaque contrôle est médiocre qu'ils les répètent pour éviter les erreurs. »

Selon lui, ces pratiques risquent de donner une mauvaise image de la province du Haut-Katanga et de la ville de Lubumbashi, porte d’entrée stratégique pour les investisseurs et partenaires internationaux.

Tout en formulant ses critiques, le diplomate exprime l’espoir de voir des réformes engagées.

« J'espère que les autorités compétentes reverront le déploiement du personnel et rationaliseront les procédures. », a-t-il proposé.

Ce témoignage public d’un ambassadeur en poste en RDC met en lumière les défis persistants liés aux tracasseries administratives dans certains points stratégiques du pays. À l’heure où la République démocratique du Congo cherche à renforcer son attractivité économique et diplomatique, la fluidité et la transparence des procédures aéroportuaires apparaissent comme des leviers essentiels pour améliorer l’image du pays auprès des visiteurs étrangers.

Patient Lukusa, à Lubumbashi