La plateforme de la société civile Agir pour les Élections Transparentes et Apaisées (AETA) s’est penchée sur la problématique de la tenue des élections en République démocratique du Congo, en dépit du contexte marqué par la guerre. Cette réflexion a été menée à l’occasion de son Assemblée générale, tenue du 30 au 31 janvier derniers.
Pour le secrétaire permanent de l’AETA, Jérôme Bonso, renoncer à l’organisation des élections au motif de l’insécurité reviendrait à légitimer la prise et la conservation du pouvoir par la violence.
Selon lui, les élections constituent un levier essentiel du développement et un mécanisme fondamental de pacification de la vie politique.
« Nous nous trouvons dans un contexte de conflit armé. Est-ce une raison suffisante pour abandonner les élections ? Si nous y renonçons, nous faisons l’apologie de la prise et du maintien du pouvoir par la violence. Les élections sont un catalyseur qui permet d’apaiser les esprits et de revitaliser l’environnement démocratique. Elles doivent être intégrées dans la conscience de tous les acteurs politiques », a-t-il déclaré.
Interrogé sur la possibilité que les conflits armés actuels puissent justifier un report des élections, Jérôme Bonso a nuancé sa position. Il a souligné que toute décision de report devrait résulter d’un consensus national, et non de l’initiative d’un individu ou d’un groupe isolé.
« L’organisation des élections relève d’un consensus. Si l’ensemble des forces vives de la nation s’accordent pour aller aux élections, alors allons-y. Si, par concertation, elles estiment qu’il est impossible d’y aller, cette décision doit être collective. Mais l’unique voie pour mettre fin à la prise de pouvoir par la violence demeure la tenue d’élections crédibles et inclusives », a-t-il ajouté.
Cette Assemblée générale a également permis aux experts de réfléchir en profondeur sur les voies et moyens, ainsi que sur les stratégies à mettre en place afin d’assurer, le moment venu, la sécurisation du processus électoral, de la population, ainsi que des biens et matériels électoraux.
Les participants ont par ailleurs posé un regard rétrospectif sur le parcours électoral du pays, depuis le premier cycle démocratique de 2006 jusqu’à ce jour, tout en formulant des projections pour les élections de 2028. Jérôme Bonso, quant à lui, a présenté une communication intitulée : « La problématique des élections dans un pays en situation de guerre et d’instabilité institutionnelle : cas de la RDC ».
La deuxième journée des travaux a été consacrée à l’auto-évaluation des actions de l’AETA. À l’issue des réflexions, plusieurs résolutions et recommandations ont été formulées. Celles-ci seront portées à la connaissance de l’opinion publique, des décideurs ainsi que des partis politiques, dans l’objectif de baliser la voie vers des élections réellement apaisées, crédibles et démocratiques en 2028.
L’AETA a également réfléchi aux mécanismes susceptibles de favoriser la renaissance de l’unité nationale, la réconciliation de la population et l’apaisement des tensions. Pour Jérôme Bonso, les élections doivent demeurer un instrument de résolution pacifique des conflits.
Plusieurs intervenants ont pris part aux échanges. Mme Grâce Lula a développé le thème : « Analyse du contexte, enjeux politiques et sécuritaires de la RDC ». Elle a été suivie par Gérard Bisamu, représentant de la CENI, qui a abordé « les enjeux et perspectives électorales à l’horizon 2028 ».
ODN