Suspension des assemblées provinciales : l’Envol dénonce

Mercredi 7 octobre 2015 - 15:22

La suspension des assemblées provinciales viole les principes de la libre administration des provinces ainsi que ceux de l’autonomie de gestion de leurs ressources, selon l’Envol, parti politique de l’opposition.

L’Envol de la RDC monte au créneau pour dénoncer la suspension des sessions ordinaires des assemblées provinciales de nouvelles provinces.

Dans un communiqué du comité national de ce parti, signé par le secrétaire général Freddy Sukusuku, l’Envol considère que cette décision, énoncée dans une forme irrégulière, viole les principes de la libre administration des provinces ainsi que ceux de l’autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques principes pourtant consacrés par les articles 3 et 123 de la Constitution et consolidés depuis la loi 08/012 du 31juillet2008 portant, principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces.

De ce point de vue, le comité national de l’Envol attire l’attention de l’opinion nationale et internationale que la constitutionnalisation du régionalisme des provinces protégé par l’article 220 de la Constitution est un des piliers majeurs du système démocratique rd-congolais ainsi que du consensus politique qui a mis fin à d’innombrables conflits internes et autres projets de balkanisation du pays.

Vice-ministre honoraire du Budget pendant la transition de 1+4, Freddy Sukusuku interpelle les uns et les autres dans l’objectif de préserver les acquis démocratiques. « Le comité national de l’Envol appelle les autorités du pays à se ressaisir pour ne pas mettre en péril la concorde nationale », note-t-on dans ce communiqué.

Pour rappel, les sessions ordinaires des assemblées provinciales de nouvelles provinces ont été suspendues sur décision du vice-Premier ministre et ministre de l’intérieur, Evariste Boshab. Cette décision n’évoque aucune raison à la base de cette mesure. Plusieurs députés provinciaux de 21 nouvelles provinces s’apprêtaient à prendre le chemin des assemblées lorsque cette mesure est tombée.

Selon radio Okapi, en Ituri, par exemple, l’ouverture de la session de septembre qui était annoncée le mardi 29 septembre, dernier, par voie de presse dans un communiqué officiel, n’a plus eu lieu. Cette information a été confirmée par le rapporteur de cette assemblée provinciale, Joseph Ndiya, cité par la source. Pour lui, cette session ne devrait plus avoir lieu sur décision du vice-Premier ministre et ministre de I ‘Intérieur, Evariste Boshab.

Il en est de même des provinces de la Tshuapa et de l’Equateur où, en croire la même source, les forces de l’ordre ont empêché les deux institutions de siéger.

Créées il y a quelques semaines, les 21 nouvelles provin ces n’ont pas encore de gouverneurs, ni vice-gouverneurs élus, alors que le gouvernement s’apprête à nommer des commissaires spéciaux censés assurer l’intérim dans ces provinces en attendant l’élection des gouverneurs et leurs adjoints qui ne sera possible qu’après celle des députés provinciaux à qui revient la charge constitutionnelle de les élire.

Par Pitshou MULUMBA