Qui succédera à l’abbé Malumalu à la présidence : Le poste fait se bousculer au portillon les potentiels candidats

Mercredi 14 octobre 2015 - 13:04

Le Secrétaire exécutif de la Ligue des Electeurs note que le poste de président de la commission électorale n’est pas  » une chasse gardée des confessions religieuses « 

Depuis l’annonce, le samedi 10 octobre dernier, de la démission de l’abbé Malumalu de son poste de président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les partis politiques et surtout la société civile mobilisent leurs états-majors. Le poste, en effet, comporte plus d’un appât.

Il est juteux. Il est par-dessus tout stratégique. Pour le simple fait qu’il gère les élections, d’où seront issus les futurs dirigeants politiques du pays. A plus forte raison et fort de l’expérience du passé, le président aura une mainmise certaine sur la configuration politique du pays.

C’est sans nul doute en procédant à une analyse comparative que le Secrétaire exécutif de la Ligue des Electeurs(L.E.), Sylvain Lumu, a déclaré le 12 octobre dernier, lors d’un atelier de la société civile sur le processus électoral, que le poste de président de la CENI n’est pas la chasse gardée des confessions religieuses. La loi ne dit nulle part que ce poste est l’apanage des seules confessions religieuses.

Il n’est un secret pour personne que les élections de 2006 et de 2011, pilotées par la CENI, sous la direction des hommes en soutane, en l’occurrence l’abbé Malumalu et son collègue de l’Eglise de réveil, le pasteur Daniel Ngoy Mulumba, ont été un fiasco électoral au bilan catastrophique, voire dramatique.

La société civile étant plurielle, il y a donc inadéquation dans la désignation du président de la CENI des seuls rangs des confessions religieuses, qui auraient elles aussi du mal à trouver un consensus.

Le Secrétaire exécutif de la L.E. suggère que les confessions religieuses peuvent aussi compter sur des laïcs considérés comme  » dignes fils de l’Eglise « , qui maitrisent les questions électorales.

Ceci ne signifie pas que les confessions religieuses soient exclues de la compétition. Le problème, selon Sylvain Lumu, est que cette fois-ci il y ait plus de transparence et surtout de l’inclusivité, de sorte que la personne qui devrait être désignée bénéficie de l’appui et de la légitimité nécessaire de toute la société civile.

L’on sait par ailleurs que l’abbé démissionnaire n’avait pas reçu l’aval des autorités ecclésiastiques de son ressort. Il avait même dû renoncer à sa nomination par le Pape François au poste de Directeur Général d’une Université continentale, privilégiant les affaires politiques.

Sylvain Lumu souhaite par ailleurs que le remplacement de Malumalu se fasse le plus rapidement possible parce que, note-t-il, nous mettons le cap vers le mois de février pour la refonte du fichier électoral.

L’abbé Malumalu, dont l’état de santé l’a contrait à jeter l’éponge, sera remplacé par un autre membre de la société civile. Celle-ci englobe plusieurs associations et organisations, par delà les confessions religieuses.

On peut citer notamment les organisations syndicales, les associations des défenseurs des droits de l’homme, les enseignants, les écrivains, la presse, les associations des femmes et des jeunes, des associations culturelles, bref toute la population n’exerçant pas de façon directe la politique.

Nous affirmons sans crainte d’être contredit, qu’il ne peut manquer parmi eux un homme intègre, honnête, juste et ayant répudié les pratiques malhonnêtes, capable de présider aux destinées de la CENI. Après la soutane, on peut à présent tenter la cravate. Car il y va de la survie de tout un peuple et de toute une nation.

Par G.O.