Paris : manifestation des Congolais contre le «dialogue» et le «glissement» en RDC

Lundi 21 septembre 2015 - 11:13

Trois semaines après la grande mobilisation de Bruxelles (Belgique), plus de 2500 personnes ont manifesté samedi 19 septembre à Paris (France), de la station de métro Château Rouge (18ème arrondissement) à la place du Général Catroux (17ème arrondissement), pour réaffirmer leur opposition au « dialogue » envisagé par le président Joseph Kabila. Pour ces marcheurs, il s’agit visiblement d’une manœuvre de plus en vue de faire «glisser» le calendrier électoral.

Depuis la station de métro Château Rouge jusqu’à la place du Général Catroux en passant par Barbès-Rochechouart, Pigalle et Place de Clichy, ces manifestants, venus des quatre coins de l’Europe, scandaient un seul message : non au «dialogue », non au « glissement ».

Ils ont appelé à l’organisation des élections à l’échéance programmée. Autrement dit, le régime en place en RDC doit respecter la Constitution pour permettre l’alternance démocratique.

« Comme nous l’avons fait récemment à Bruxelles, nous sommes venus à Paris pour dire non au dialogue et disons aussi non au glissement et oui à l’alternance en 2016. Le peuple congolais u assez versé des larmes, il faut que ça change. Ça suffit! », a déclaré Boketshu wa Yambo, membre du mouvement « Peuple Mokonzi ». Son alter ego, Commandant Esso, com.rne on le surnomme, poursuit : Ce régime ne veut pas respecter la Constitution- parce qu‘il ne respecte pas le peuple congolais. A preuve, les dirigeants complotent pour la balkanisation et l‘implosion de notre pays ; ils ne veulent pus d un Congo uni en tant que Nation et Etat. Nous disons donc non au dialogue, non au glissement. Deux mandats, ça suffit ».
« C‘est vraiment incompréhensible. Pourquoi 1‘alternance serait-elle un tabou pour ces gens», s’interroge le pasteur Eugène Mokuku de l’Eglise « Salem » d’Helsinki (Finlande).

Pour Dieta Kabuya, une femme très active dans le combat contre le régime de Kinshasa, les manifestations de Bruxelles et Paris marquent la détermination des Congolais de l’étranger d’avancer comme un seul homme pour faire barrage aux ennemis de la démocratie qui n’entendent pas respecter la Constitution.

« La RDC a une Constitution qu‘il faut respecter comme une bible. Elle est intangible. Nous devons tous la respecter », a-t-cl le souligné.
Pour sa part, « Mama Kongo », comme on l’appelle, exhorte les Congolais de l’étranger à « continuer et à amplifier le combat jusqu‘à 1’organisation, dans le délai prévu, des élections libres démocratiques et transparentes en RDC ».

« Ils disent avoir des difficultés de financer tous les scrutins prévus en 2015 et 2016, alors qu‘ils réalisent des grands travaux de construction d’immeubles qui n‘ont même pus un caractère d‘urgence et d‘utilité immédiate pour le peuple, qui n’en profite pas », s’insurge Christian Bola, membre du mouvement « Peuple Mokonzi ».

« L’UDPS a déçus »
Jacques Diofa, un résidant congolais en Suisse, a critiqué les tergiversations des dirigeants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui, selon lui, ne parlent pas tous le même langage.

« L‘UDPS nous a déçus. Il semble qu‘ils ont rompu les négociations avec le PPRD pour éviter le glissement du calendrier électoral au delà de 2016. Mais ce n ‘est pas le nième langage que 1‘on entend chez tous’ leurs dirigeants », a-t-il regretté.

Et Christian Bola d’ajouter: « L’UDPS a sa logique, nous avons la nôtre. Nous ne sommes plus sur ce terrain là. Nous continuons notre combat jusqu’ à la victoire finale, c’est-à-dire jusqu’au changement de régime ». Les manifestants partagent la position des 7 partis de la majorité présidentielle (G7) qui dénoncent les « intentions inavouées de ne pas respecter la Constitution, de décrédibiliser et désacraliser les institutions ».

« Ils ont rejoint le peuple. Tant mieux. Ils ont finalement compris que le dialogue aboutirait ipso facto au glissement », s’est réjoui Christian Bola.

LA DIASPORA VEUT ETRE ECOUTEE

Les Congolais de l’étranger sont déterminés à faire entendre leurs voix dans le débat politique interne, et n’entendent reculer devant rien.
Qu’on l’admette ou pas, ils interviennent directement ou indirectement dans la vie économique de la RDC, leur mère-patrie. Et le combat qu’ils mènent à l’extérieur sauve le pays de la balkanisation,
« Nous devons être écoutés et nos avis doivent être pris en compte. Le message fort et clair que nous avons fait passer mu cours de ces deux manifestations, à Bruxelles et Paris, doit interpeller la conscience des pro-dialogues qui veulent retarder l’alternance démocratique dans notre pays », a conclu Dicta Kabuya.

Robert KONGO,
Correspondant en Fra nce