Le scrutin des gouverneurs des provinces nouvellement créées est résolument irréversible. La Cour constitutionnelle l’a confirmé hier, mardi 8 septembre 2015, en ordonnant au gouvernement de doter la Commission électorale nationale indépendante (CENI) des moyens nécessaires pour «l’organisation impérative» des élections des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces nouvellement créées. Au gouvernement, on continue de soutenir l’hypothèse d’absence des moyens. « Le gouvernement n’a pas la possibilité de faire des miracles », a lâché Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.
Le gouvernement affirme toujours manquer de moyens pour organiser l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces nouvellement créées. Ce, malgré l’arrêt de la Cour constitutionnelle. Cette juridiction, qui statuait sur l’impossibilité d’organiser ce scrutin, a rendu son arrêt en demandant au gouvernement de doter la CENI des moyens nécessaires pour l’organisation impérative des élections des gouverneurs et vice-gouverneurs et d’accélérer le processus d’installation des bureaux définitifs des Assemblées provinciales des nouvelles provinces. A la CENI, la Cour a également demandé de réévaluer en toute indépendance et impartialité tout le processus électoral en vue d’adapter son calendrier électoral global publié le 12 février 2015.
Ce qui ouvre la voie à un éventuel nouveau, report de ce scrutin. Réagissant à l’arrêt de la Cour, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende a indiqué que «le gouvernement n’a pas la possibilité de faire des miracles». II s’agissait, selon lui, des dépenses qui n’étaient pas budgétisées. Mais, il a notamment affirmé que le gouvernement attend d’être notifié de cet arrêt pour se réunir et identifier des mesures urgentes à prendre afin de mettre en œuvre la décision de la Cour constitutionnelle.
La Cour ouvre la porte au glissement
En demandant à la CENI de réévaluer son processus afin d’adapter son calendrier électoral, la Cour laisse entrevoir la possibilité d’un nouveau report de ce scrutin.
Au pire. Les délais légaux de toutes les élections risquent d’être bousculés. A la CENI, on dit prendre acte de la décision de la Cour et que la plénière va se réunir pour agir. « Souffrez que l’Assemblée plénière dont je suis le porte-parole reçoive la notification de l’arrêt, l’examine et tire des conséquences », a déclaré Jean-Pierre Kalamba, porte-parole de la CENI. Ce qui est sûr, le calendrier de la CENI pourrait à nouveau subir des-à-coup.
Vers une nomination des gouverneurs
Depuis un temps, l’opinion ne cesse de craindre l’hypothèse d’une nomination des gouverneurs à la tête des nouvelles provinces. «Devant des obstacles, le chef de l’Etat. Joseph Kabila, possède un pouvoir», lâche-t-on déjà du côté du pouvoir. «On n’aura pas péché contre qui que ce soit si le chef de l’Etat contournait ces difficultés». a affirmé Christophe Kolomoni N’djibu, membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).
Du côté de l’opposition, certains politiques souhaitent déjà le retour aux 11 provinces. «Gouverner, c’est prévoir», a lancé Martin Fayulu. Pour lui, faire une telle réforme sans en posséder les moyens relève de l’irresponsabilité. « S’ils avaient un’ différend avec Moise Katumbi, ils devaient le régler autrement », a-t-il argué.
Le coût de ce scrutin des gouverneurs s’élève à environ 2 millions de dollars. Le gouvernement qui dit ne pas les budgétiser trouve pourtant des moyens hors budget pour Construire l’immeuble du gouvernement dont le coût s’est élevé à plus de 40 milliards de dollars. D’aucuns crient déjà à la mauvaise volonté et voient, dans l’action du pouvoir, l’intention de ne pas organiser ce scrutin. Ce qui fait exprimer encore des craintes pour la présidentielle couplée aux législatives de 2016. Personne ne peut prédire avec exactitude le scénario que le gouvernement réserve aux Congolais vers l’horizon 2016.
Par CONGO NOUVEAU