"LA RÉSOLUTION 2277 PRÔNE LE DIALOGUE SUIVANT L’ESPRIT DE L’ACCORD-CADRE"

Lundi 13 juin 2016 - 06:28

Chaque fois que l’actualité politique connait des pics, l’élu de Kabongo dans le Haut-Lomami doublé de juriste y va de son éclairage. Stanley Mbayo, Président du Mouvement des indépendants réformateurs (MIR) parti membre de la MP voit des signaux positifs dans le Conclave de Bruxelles. Notamment le fait que l’Opposition ait enfin un porte-parole en la personne de Etienne Tshisekedi, et, à la suite de ce dernier, ait mis le cap sur le Dialogue. Pour le reste, le leader du MIR met sur le compte des positions d’avant négociations la surenchère extraconstitutionnelle. Occasion aussi pour ce député de faire l’exégèse de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et de la résolution 2277 sur lesquels repose le Dialogue tant attendu. Interview.

Vous êtes le président national du MIR -Mouvement des indépendants réformateurs-, membre de la Majorité présidentielle.
L’opposition vient de se réunir en conclave, et en ce qui concerne le Dialogue, déclare ne se baser désormais que sur la Résolution 2277. Que pensez-vous des résolutions de ces assises en général ?

Je constate qu’il n’y a pas eu que de mauvaises choses. Désormais, nous la Majorité, nous devrions comprendre que nous avons un interlocuteur du côté de l’Opposition, parce qu’auparavant, cette Opposition était plurielle et aujourd’hui elle s’est alignée derrière Etienne Tshisekedi. Ce qui répond aux efforts que nous consentons tous les jours afin l’Opposition ait un porte-parole. C’est une très bonne chose. La Résolution 2277 prône le Dialogue tout d’abord. Ensuite, elle insiste sur l’organisation des élections dans les délais constitutionnels. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que nous devons aller au Dialogue, et de ce Forum sortira un compromis politique qui va déterminer le reste. Les Nations Unies ne pouvaient jamais dire que les élections seront organisées dans 8 ou 10 ans. Ses Résolutions sont des instruments juridiques qui se basent sur la Constitution que nous avons. Cependant, la Cour Constitutionnelle dans la cacophonie des interprétations diverses, a donné l’interprétation à la Constitution. Elle n’a pas donné quitus au Président…elle a juste interprété ce que dit la Constitution, "le Président en fonction reste jusqu’à l’installation du nouveau Président élu". Nous devons aller au Dialogue et trouver un compromis politique. C’est ce qui est très important. Finalement aujourd’hui, Etienne Tshisekedi qui prônait le Dialogue autant que le Chef de l’Etat, apparait comme le porte-parole de l’Opposition. Nous devons positiver cela. Mais cependant, il y a des dérives certes dans les résolutions du conclave de l’Opposition, comme quand ils disent : "nous allons chasser Kabila" alors que la Constitution à son article 75 fixe les conditions dans lesquelles on peut mettre fin au mandat du Chef de l’Etat. Et aussi, pour l’avenir, leçon de pédagogie, quand on a un Chef de l’Etat, que son départ ne soit pas comme c’a été par le passé. Nous devons avoir une rupture avec le passé, là où il y a eu des coups d’Etat, des révolutions, etc. Ce sont des débats que nous devrions avoir lors du Dialogue et en trouver des solutions.

Mais ce dialogue auquel l’Opposition dit vouloir participer, l’Opposition dit qu’il ne doit pas être celui de l’Ordonnance signée par le Président Joseph Kabila. Est-ce que votre optimisme n’est pas vain ?

Non ! Le Dialogue procède de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba avec des résolutions subséquentes. Nous avons par exemple les Résolutions 2098, 2211, etc. Dans l’Accord-cadre, il y a des engagements nationaux, régionaux et internationaux. A chaque niveau, il y a un mécanisme de suivi. Au niveau international, il y a les Nations Unies, au niveau régional, il y a la SADEC appuyée par la CIRGL et au niveau national, nous avons le mécanisme national de suivi qui fonctionne au sein du Gouvernement. Le Dialogue est un engagement national. Et l’Accord-cadre dit que c’est le Président de la République qui est le garant de l’exécution des engagements nationaux. De ce fait, on ne voit pas comment est-ce qu’on peut prétendre venir à un Dialogue qui viole l’Accord-cadre qui est une loi supra nationale que nous avons signé et qui a été signé par les Etats Unis, l’Union européenne, la SADEC, la CIRGL…C’est une loi qui s’impose à nos lois internes. C’est comme ça que le Chef de l’Etat a convoqué le Dialogue et vous avez vu tous les signataires soutenir le facilitateur qui est là.

Est-ce qu’on ne serait pas plutôt dans le cas où la MP fait bloque derrière le Président Kabila, l’Opposition, celle qui veut aller au Dialogue fait aujourd’hui front derrière Etienne Tshisekedi et tout ce qui se dit y compris le référendum qui n’est pas apparemment dans les agendas politiques aujourd’hui, n’est que position négociation ?
Vous avez raison. Les extrêmes que prônent les uns et les autres, c’est avant le Dialogue. Vous savez, c’est un jeu politique qui veut que les gens montent les enchères. Mais le Chef de l’Etat est serein et il est garent de la constitution, de l’exécution des engagements nationaux de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Ses poulains peuvent eux aussi monter les enchères. Mais je dis qu’Aubin Minaku, SG de la Majorité présidentielle, n’a pas tellement tort. Certes, il n’a peut-être pas usité l’article de la Constitution. Il voulait peut être seulement dire que quand les opposants disent qu’ils vont chasser Kabila, c’est qu’ils vont violer la Constitution parce que les mécanismes de départ du Chef de l’Etat sont prévus par la Constitution. On ne peut pas le faire partir par des mécanismes l’extra constitutionnels et, c’est un point de vue qu’il a exprimé comme chef d’une famille politique et il a communiqué à ses poulains pour mobiliser les troupes. Mais ce qui est très vrai, c’est que Tshisekedi est pour le Dialogue et il n’a pas voilé sa face là-dessus. Le chef de l’Etat garantit l’exécution des engagements nationaux alors qu’Edem Kodjo fait le travail de facilitation. Nous avons suivi l’Union européenne et d’autres partenaires demander à ce qu’on puisse renforcer Edem Kodjo sur demande d’ailleurs de l’UDPS, ce qu’en réalité, quand on va dans la real politik, c’est qu’il y a des avancées et on doit rester optimiste. On est en train de réunir toutes les conditions pour aller au dialogue et tout ce que les uns et les autres disent, c’est la matière qui doit faire partie du Dialogue, on en trouvera des solutions.
Propos recueillsi par le desk politique de Forum des As