En RDC, très souvent les violences sexuelles commises contre les femmes et les filles, restent impunies à cause notamment de l’absence procédure éfficiente de collecte et de traitement des éléments constitutifs de ce crime international d’une extrême gravité. Désormais, avec la présentation officielle le lundi 05 octobre 2015 du Protocole international relatif aux enquêtes sur les violences par Jeannine Mabunda, Représentante Personnelle du Chef de l’Etat de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants, c’est assurément un nouveau pas de franchi pour assurer femmes et aux filles un avenir sans violences sexuelles en RDC. La publication de ce document, qui décrit l’approche et les étapes essentielles dans la documentation des cas des viols ainsi que les normes de base relatives aux meilleures pratiques en matière d’enquêtes sur les violences sexuelles en tant que crime au regard du droit international, intervient alors qu’un hôte de marque séjourne en RDC.
Il s’agit de la baronne Joyce Anelay, ministre d’Etat et Représentante Spéciale du Premier Ministre Britannique en matière de prévention des violences sexuelles dans les zones de conflit. Avec une enveloppe de 300 millions USD allouée à la lutte contre les violences sexuelles et celles basées sur le genre, le Royaume-Uni est parmi les Etats les plus engagés sur ce créneau. Ce pays encourage une réponse coordonnée à ce type de violences que la baronne Joyce Anelay ne considère pas comme une « partie inévitable de la guerre » comme certains. L’ambassadrice britannique a félicité la RDC pour les progrès accomplis dans la lutte contre les violences sexuelles. Il s’agit de : la publication de la Stratégie nationale de lutte contre les violences sexuelles, la mise sur pied d’un Plan d’action pour l’Armée rd-congolaise, la nomination par le président Kabila de Madame Mabunda comme Représentante spéciale, des poursuites judiciaires contre les officiers de haut rang de l’armée et le paiement des réparations aux victimes des violences sexuelles liées aux conflits. “Ce sont des étapes impressionnantes – montrant l'engagement clair du gouvernement congolais à l'action réelle, pratique » a dit la Baronne lors d’une réception offerte en son honneur à la résidence de l’Ambassadeur britannique en RDC.
La baronne Joyce s’est bien gardée de verser dans l’autosatisfaction car a-t-elle dit « des milliers des cas des viols ont été rapportés dans les provinces du Nord-Kivu et de la Province Orientale bien après deux sommets références de l’ONU, tenus respectivement à Londres et à New-York. Pour éradiquer les violences sexuelles, l’envoyé de David Cameron estime que la lutte contre les violences sexuelles doit s’inscrire dans la durée et concerner tous les pays. Pour l’efficacité de ce combat, la Baronne Joyce pense qu’il faut avoir les objectifs suivant à l’esprit : S’assurer que le viol et les crimes de violences sexuelles sont reconnus et traités comme des crimes sérieux de guerre, s’assurer que la réponse y apportées est une partie intégrante des discussions sur la paix internationale et la sécurité, et enfin, faire avancer le travail pour mettre fin à l'impunité des auteurs des crimes sexuels dans les zones de guerre. Bien évidemment, l’émissaire britannique s’est aussi appesanti sur le Protocole international. Elle a dit son bonheur de voir que son pays en est le principal appui. Elle s’est réjoui du fait que, grâce à la formation que son gouvernement va financer par rapport à l’usage de ce Protocole, des avocats de Bukavu seront mieux outillés pour défendre les victimes des violences sexuelles. Leur formation sera assurée par Trial, une organisation qui est active à travers le monde, et qui aide de façon pratique à mettre fin à l’impunité des crimes internationaux.
« A travers ce projet novateur, TRIAL va aider les victimes à avoir accès à la justice nationale et internationale ; à soutenir les avocats pour qu’ils puissent développer et soumettre des affaires solides ; et former les défenseurs des droits de l’homme.
Ceci donnera à ceux qui travaillent avec les victimes des outils dont ils ont besoin pour améliorer la documentation et la poursuite judiciaire de ces crimes odieux – et assurer que les victimes ont accès à l’appui dont elles ont besoin pour reconstruire leurs vies » a dit la baronne Joyce. Pour son accessibilité au plus grand nombre le Protocole sera traduit en Lingala et en Swahili.
Pour Jeannine Mabunda, ce Protocole International est un mode d’emploi pour mieux conduire leurs enquêtes en collectant au mieux les preuves car parfois la délicatesse du sujet (viols) ne permet pas d’être rigoureux à cause de l’émotion notamment.
Le tandem Jeannine Mabunda et la baronne Joyce Anelay viennent de doter la RDC d’un instrument supplémentaire pour éradiquer les violences sexuelles.
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