Les grandes manœuvres financières de l'Afrique australe se dessinent en Angola. Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), André Wameso, prend part activement aux travaux de la 63ᵉ réunion du Comité des Gouverneurs des Banques Centrales de la SADC (CCBG), accueillie cette semaine par la Banque Nationale d'Angola à Luanda.
Cet événement statutaire de premier plan revêt une importance hautement stratégique : il réunit l’ensemble des autorités monétaires de la sous-région pour dresser le bilan des réformes passées et, surtout, sceller les orientations politiques et financières de la feuille de route pour la période 2026-2031. Dans un contexte de polycrise mondiale, la voix de la République Démocratique du Congo s'est fait entendre avec force pour impulser une dynamique de rupture.
Modernisation et résilience : le triptyque de Luanda

Les discussions de cette 63ᵉ session s’articulent autour de trois piliers fondamentaux, jugés cruciaux pour arrimer l'espace SADC aux standards de la finance mondiale :
1. La stabilité macroéconomique et financière : Les gouverneurs passent au crible les indicateurs de convergence de chaque État membre et partagent leurs rapports de supervision bancaire afin de prévenir les risques systémiques.
2. La technologie et la modernisation face aux cyber-risques : L'explosion des Fintechs en Afrique australe offre des opportunités majeures d'inclusion financière, mais expose les infrastructures à des menaces d'une complexité inédite. Le comité évalue les stratégies communes de résilience face au crime cybernétique.
3. L’unification des systèmes de paiement : Il s'agit de consolider la feuille de route technique des transactions transfrontalières SADC, un projet d'envergure mené avec l'appui de partenaires multilatéraux de poids, à savoir le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale.
Le plaidoyer d'André Wameso : aligner le budget sur la rigueur monétaire
Loin de se cantonner à une participation protocolaire, le Gouverneur de la BCC a marqué les débats par une intervention de haute facture technique et politique. Face aux chocs exogènes qui secouent l'économie mondiale, André Wameso a sonné l'alarme sur la nécessité absolue de stimuler la production locale et de fluidifier les échanges commerciaux à l'intérieur des frontières de la SADC pour briser le cycle de la dépendance.
Mais le point d'orgue de son allocution réside dans son appel audacieux à transformer la gouvernance même du CCBG. Le Gouverneur de la BCC a formellement invité ses pairs à muer le Comité en une véritable « force de pression ». Selon lui, les efforts monétaires rigoureux déployés par les banques centrales (les critères primaires de convergence) restent fragiles si les politiques budgétaires des gouvernements (les critères secondaires) ne suivent pas la même discipline. Pour André Wameso, il est impératif que le CCBG pèse sur les choix macroéconomiques des exécutifs nationaux pour garantir une stabilité durable dans la sous-région.
La BCC, locomotive d’une Afrique financièrement souveraine

Par cette présence offensive à Luanda, la Banque Centrale du Congo démontre sa mutation institutionnelle. Elle ne subit plus l'agenda de l'intégration régionale ; elle contribue activement à le dicter.
Alors que s’ouvre le cycle stratégique 2026-2031, l’institut d’émission congolais réaffirme son engagement à accélérer l’interconnexion des marchés financiers de l'Afrique australe. À travers la vision défendue par son Gouverneur, la BCC se positionne comme l’un des pivots majeurs de l’émergence d'un système bancaire africain moderne, interconnecté et résilient.
C’est la RDC qui gagne !