RDC : le budget 2027 projeté à 24,8 milliards $, avec une croissance économique attendue de 5,8%

Image
Droits tiers

Le gouvernement de la République démocratique du Congo prévoit un budget de 56.930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains, pour l’exercice 2027. 

Équilibré en recettes et en dépenses, ce projet de loi de finances  affiche une hausse de près de 12% par rapport au budget rectificatif de 2026, selon le discours de la Première ministre, Judith Suminwa, à l’Assemblée nationale ce jeudi. 

Pour élaborer ces prévisions, l’exécutif retient une croissance du produit intérieur brut réel de 5,8 % en 2027, contre 5,6 % en 2026. Cette progression devrait être principalement portée par le dynamisme du secteur minier et le raffermissement des activités non extractives.

Le gouvernement anticipe toutefois une remontée de l’inflation moyenne, qui pourrait atteindre 6,4 %, contre 3,5 % en 2026. Cette évolution serait liée notamment au renchérissement des produits énergétiques et alimentaires sur les marchés internationaux, ainsi qu’aux contraintes d’approvisionnement intérieur.

Le cadrage macroéconomique retient un taux de change moyen de 2.300 francs congolais pour un dollar américain. Le PIB nominal est, quant à lui, projeté à 315.100 milliards de FC, soit environ 137 milliards de dollars, contre 122 milliards en 2026.

17,5 milliards USD de recettes courantes attendues

Pour financer ses dépenses, le gouvernement mise notamment sur une hausse des recettes internes. A en croire Judith Suminwa, celles-ci sont projetées à 41.786 milliards de FC, soit 82 % des ressources du budget général. Elles comprennent 40.211 milliards de FC de recettes courantes et 1.576 milliards de FC de recettes exceptionnelles.

Les recettes courantes attendues correspondent à environ 17,5 milliards de dollars américains. Elles représentent une pression fiscale de 12,8 % du PIB, contre une estimation de 12,5 % pour 2026. Les recettes extérieures sont, de leur côté, évaluées à 9.456 milliards de FC, soit environ 4,1 milliards de dollars, en hausse de 13 % par rapport à 2026.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement prévoit d’élargir l’assiette fiscale, d’améliorer l’identification des contribuables et de renforcer la lutte contre la fraude. La modernisation des administrations financières, la généralisation de la facture normalisée pour la TVA et le renforcement des contrôles fiscaux et douaniers figurent également parmi les mesures annoncées.

Le projet prévoit par ailleurs l’actualisation du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés, ainsi que des mesures fiscales concernant les services numériques fournis par des entreprises non résidentes, les commissions des prestataires de paiement numérique et les activités de jeux d’argent et de hasard.

Un environnement économique incertain

Ces projections sont établies dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et les fluctuations des prix de l’énergie et des produits alimentaires. Le gouvernement estime que ces facteurs pourraient peser sur les exportations congolaises, les conditions de financement et le coût des importations.

« La demande de cuivre et de cobalt, soutenue par les transitions énergétique et numérique, demeure toutefois un facteur favorable pour l’économie nationale», a-t-elle fait savoir.

L’exécutif reconnaît également que les recettes prévues restent exposées à plusieurs risques, notamment la volatilité des cours des matières premières, les difficultés de gouvernance des entreprises publiques, les risques sanitaires, les catastrophes naturelles et l’insécurité.

À moyen terme, le gouvernement vise une pression fiscale de 13 % du PIB en moyenne sur la période 2027-2029, avec des recettes courantes projetées à 46.029 milliards de FC en 2028 et à 52.250 milliards en 2029. À l’horizon 2035, il ambitionne d’atteindre, voire de dépasser, la moyenne subsaharienne de 17 %.

Selon la démarche énoncée par le président de l'Assemblée nationale à l'issue de la présentation de la Première ministre, le projet de budget 2027 sera débattu en groupe parlementaire pendant deux jours avant son adoption en plénière.

MD