Depuis bientôt deux semaines, les prisonniers de la prison centrale de Kasapa dans la ville de Lubumbashi sont confrontés à une pénurie d’eau et d’électricité, tandis que des difficultés d’approvisionnement en denrées alimentaires sont également signalées. Une situation des détenus de la prison centrale de Kasapa qui devient préoccupante d'après l'organisation de défense des droits humains, Justicia ASBL.
Maître Timothée Mbuya de Justicia ASBL qui l'a confirmé ce vendredi 23 octobre 2026 à 7SUR7.CD, interpelle les autorités nationales et provinciales sur cette situation et appelle à une intervention urgente pour prévenir une aggravation des conditions de détention. Il affirme que son organisation a déjà adressé une correspondance au gouverneur du Haut-Katanga, avec copie pour information au ministre national de la Justice, afin d’attirer leur attention sur les conséquences de ces pénuries.
« Nous avons alerté l’autorité d’ailleurs à plusieurs reprises. Pendant que je vous parle, il y a une lettre qui a déjà été adressée au gouverneur de province, avec copie pour information au ministre national de la Justice », a-t-il déclaré, déplorant l’absence de réaction à cette démarche.
Selon maître Timothée Mbuya, les difficultés d’approvisionnement ne concernent pas uniquement l’eau et l’électricité, mais également les denrées alimentaires. Il souligne que de nombreux détenus dépendent de l’assistance publique pour subvenir à leurs besoins, certains provenant de localités éloignées de Lubumbashi. Le président de Justicia Asbl estime que cette situation pourrait favoriser l’apparition de maladies hydriques et aggraver la vulnérabilité des prisonniers, dont le nombre est estimé à plus de 1 700.
« Les détenus de Kasapa sont des gens qui dépendent en très grande partie, à 80 % si vous voulez, de l’aide qui vient du gouvernement. Sans l’assistance du gouvernement, ces gens vont être dans une situation de précarité inimaginable. Quand il n’y a pas d’eau, quand il n’y a pas de nourriture, il n’y a pas d’électricité, c’est invivable. Les gens attrapent des souris à gauche, à droite, des gens attrapent des insectes, ils se nourrissent de ça. », a-t-il déploré.
Pour Timothée Mbuya, cette situation, combinée aux difficultés sanitaires déjà rencontrées dans cet établissement pénitentiaire, pourrait déboucher sur une crise plus grave si aucune mesure n’est prise.
« Je crois qu’il y a un drame qui se prépare à la prison centrale de Kasapa si on n’y prend garde », a-t-il averti, rappelant que Justicia Asbl effectue régulièrement des missions de suivi dans cette prison.
Contactée à ce sujet, Mado Mukalay, directrice de la prison centrale de Kasapa, a expliqué que la pénurie d’eau est liée aux travaux entrepris par la Société nationale d’électricité (SNEL). Elle a toutefois rassuré que les autorités provinciales sont déjà informées de la situation et que des camions-citernes ont été envoyés à la prison pour assurer temporairement l’approvisionnement en eau des détenus.
Malgré cette mesure provisoire, Justicia Asbl demande au gouvernement national d’assumer ses responsabilités dans la prise en charge de la prison centrale de Kasapa, notamment en matière d’approvisionnement en eau, en électricité, en nourriture et en produits pharmaceutiques.
Patient Lukusa, à Lubumbashi