Ituri : MSF alerte sur des conditions humanitaires précaires de 76 000 déplacés au site de Plaine Savo

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L'organisation médicale Médecins sans frontières (MSF) alerte sur les conditions de vie alarmantes et insalubres de 76 000 personnes déplacées qui vivent actuellement dans le site de Plaine Savo, près de Fataki, dans le territoire de Djugu, en province de l'Ituri.

À en croire une dépêche de MSF exploitée par 7SUR7.CD ce jeudi 10 septembre, ces personnes coincées par les violences qui font rage à l'extérieur du camp seraient privées de tout moyen de subsistance, elles sont dans l'incapacité de subvenir à leurs besoins les plus basiques.

La plupart des déplacés ont fui les violents affrontements de décembre 2025 entre le groupe armé Convention pour la révolution populaire (CRP) du chef rebelle Thomas Lubanga et les FARDC à Bule. Ils se sont installés près d'une base de l'armée ougandaise pensant y trouver protection.


L'organisation souligne que le site est surpeuplé et encerclé par des hommes armés qui empêcheraient jusqu'à récemment les habitants de rejoindre leurs champs, les marchés et les points d'eau, avec comme conséquence, depuis décembre, seules deux distributions alimentaires ont eu lieu.

« Les vivres sont épuisés et nous attendons toujours la prochaine distribution. Nous n'avons presque rien à manger et les enfants souffrent. La vie ici est très dure », s'est confiée à l'équipe de MSF, Antoinette une femme déplacée retrouvée au site de déplacés de Plaine Savo.

Sur place depuis février, MSF a mis en place un poste de santé. C'est l'une des rares organisations présentes. Alphonsine, infirmière superviseure elle-même déplacée, décrit une situation sanitaire critique avec la propagation de la diarrhée, la gale, la fièvre typhoïde et des infections parasitaires à cause du manque d'eau propre.

Dans un contexte d'urgence, MSF a construit 311 latrines et assure un approvisionnement en eau par camion-citerne en attendant 9 nouveaux forages, mais le nombre de latrines et la quantité d'eau par personne restent terriblement insuffisants.

La situation est aggravée par l'épidémie d'Ebola déclarée en mai en province de l'Ituri. Trois cas confirmés ont déjà été détectés à Plaine Savo. Avec des abris séparés de moins d'un demi-mètre, le risque d'une propagation massive est réel.

Pour Trish Newport, coordinatrice des urgences pour MSF, le constat est sans appel  soulignant que c'est la pire situation humanitaire observée  depuis des années. Pour elle, afin de préserver la vie, la dignité et la sécurité des personnes déplacées à Plaine Savo, la réponse humanitaire doit être renforcée d'urgence avec davantage d'acteurs sur le terrain, et une plus grande capacité d'intervention.

Joël Losinu, à Komanda