À Plaine Savo, dans l’Est de la République démocratique du Congo, une moyenne de 60 survivantes de violences sexuelles ont été prises en charge chaque mois au cours des six derniers mois par Médecins sans frontières (MSF).
Dans une dépêche publiée ce mercredi 09 septembre, cette organisation indique que dans ce camp de déplacés, l’insécurité expose particulièrement les femmes, alors que la faim et les problèmes sanitaires aggravent leur vulnérabilité.
Depuis février, le poste de santé de MSF fournit des soins essentiels à la population. Les équipes prennent notamment en charge les victimes de violences sexuelles, les personnes souffrant de malnutrition ainsi que les blessés par balle ou par arme blanche.
Dans la plupart des cas, les agressions surviennent lorsque les habitants tentent de sortir du site pour rejoindre leurs champs, les marchés ou les points d’eau, souligne MSF.
« Il y a des problèmes d’alimentation parce que les gens ne peuvent ni cultiver, ni aller aux champs. Si nous étions davantage en sécurité, la population pourrait cultiver et nous ne serions pas confrontés à la faim », explique Alphonsine, infirmière superviseure du poste de santé.
Selon la même source, la situation sanitaire reste également préoccupante. Neuf cas de malnutrition sont admis chaque semaine, tandis que le manque d’eau propre favorise la propagation de maladies dans comme la diarrhée, la gale et la fièvre typhoïde.
Pour les cas graves, notamment les complications liées aux grossesses, une ambulance de MSF permet désormais d’évacuer les patients vers l’Hôpital général de référence de Fataki, à une quinzaine de kilomètres.
« Il y avait beaucoup de décès maternels dans le camp parce que nous ne pouvions pas évacuer les mères vers l’hôpital », témoigne Alphonsine.
Depuis la mise en place de ces évacuations, aucun décès maternel n’a été enregistré dans ce contexte, selon elle.
Mais derrière ces chiffres se trouvent des femmes qui, après avoir fui les violences, restent exposées aux agressions dans leur quotidien. Pour MSF, l’accès aux soins ne suffit pas : la protection des personnes déplacées et le renforcement de la sécurité autour du site restent indispensables pour mettre fin à ce cycle de violences.
Séraphin Banangana depuis Bunia