L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) s’est prononcé sur la question du dialogue national, à la suite du discours prononcé par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, sur cette question.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l’ODEP propose que la conduite opérationnelle de ces assises soit confiée à une commission nationale indépendante.
« L’ODEP suggère que la conduite opérationnelle de ce dialogue soit confiée à une commission nationale indépendante, autonome et représentative, composée exclusivement d’experts congolais, patriotes, de niveau international, compétents et disposant d’une longue expérience dans l’organisation d’ateliers, de colloques et de conférences de très haut niveau », lit-on dans le communiqué.
Pour l’ODEP, cette dissociation entre le garant institutionnel de la République, rôle dévolu au Chef de l’État, et l’organe chargé du pilotage technique du dialogue permettra de rassurer l’ensemble des parties prenantes et de renforcer la confiance dans le processus.
« Elle favorisera la participation de toutes les composantes congolaises, notamment la majorité, l’opposition, les organisations communautaires de base présentes dans les groupements, les collectivités et les quartiers, ainsi que les communes urbaines, les villes, les universités, les entreprises publiques, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), les différentes composantes sectorielles de l’Administration publique et la société civile dans toute sa pluralité. Une telle représentativité contribuera à garantir l’équité, l’inclusivité et la transparence de la démarche », martèle le communiqué.
L’ODEP salue par ailleurs l’orientation présidentielle en faveur d’un dialogue fondé sur la participation populaire. Pour cette organisation, cette démarche rejoint ses réflexions constantes sur la nécessité de mettre en place un processus inclusif, représentatif et ancré dans les réalités des 145 territoires de la République démocratique du Congo.
Tout en réaffirmant son attachement aux valeurs républicaines, l’ODEP plaide pour une inclusivité effective, avec la participation de tous les acteurs directement concernés par la crise et l’avenir du pays.
« L’ODEP réaffirme son attachement indéfectible aux principes républicains : le recours aux armes, à la rébellion et à la violence demeure inacceptable et ne saurait constituer une alternative légitime pour la conquête du pouvoir ou l’expression politique. La défense de l’intégrité territoriale relève de la responsabilité régalienne de l’État à travers une armée forte et professionnelle. Cependant, l’expérience des processus passés démontre que la réponse strictement militaire trouve ses limites face à des crises structurelles profondes. Dès lors, pour qu’un dialogue national produise des solutions pérennes, il doit impérativement s’ouvrir à l’ensemble des acteurs directement concernés, sans exclusive ni marginalisation », souligne le communiqué.
L’organisation précise toutefois que prôner une inclusivité totale ne signifie nullement cautionner ou légitimer la violence. Il s’agit, selon elle, de traduire une volonté politique d’État « mûre et pragmatique », plaçant l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des considérations partisanes, afin de s’attaquer aux causes profondes des conflits et de favoriser une véritable réconciliation nationale.
La diaspora considérée comme une 27ᵉ province
L’ODEP propose également une implication particulière de la diaspora congolaise, qu’il souhaite voir considérée et organisée comme une « 27ᵉ province » partie prenante au dialogue national.
Pour l’Observatoire, cette approche permettrait d’intégrer pleinement la diaspora au processus de dialogue, de recueillir ses préoccupations et de valoriser ses contributions à la construction d’un consensus national.
Les recommandations de l’ODEP
Dans son communiqué, l’ODEP formule également plusieurs recommandations à l’endroit des différentes parties prenantes.
Au Président de la République et Chef de l’État, l’organisation l’encourage à poursuivre l’expression de sa volonté politique en faveur du dialogue, une volonté qu’elle souhaite « définitive, ferme et sans tergiversation ».
Pour l’organisation, cette volonté politique constitue une première étape essentielle dans l’ouverture du débat national. Elle devra notamment permettre d’engager les discussions sur les principales questions préparatoires : les participants au dialogue, les critères de représentativité ainsi que l’agenda des travaux, lequel devra être clairement défini dans les termes de référence (TDR) globaux du processus.
L’ODEP dit prendre acte de certains propos tenus par le Chef de l’État, tout en estimant que ces orientations ne devraient pas être considérées comme définitivement arrêtées.
Elles devront, selon lui, être examinées et discutées au sein de la Commission nationale préparatoire du dialogue, afin d’en apprécier collectivement la pertinence et la conformité avec les objectifs d’un dialogue inclusif, équitable et consensuel.
À l’endroit de la classe politique et de la société civile, l’ODEP appelle à un « sursaut patriotique » et invite l’ensemble des acteurs à s’impliquer de manière neutre et constructive, en privilégiant l’intérêt général au détriment des clivages partisans.
Aux acteurs armés, l’organisation demande de saisir « la main tendue de la République », de renoncer définitivement à la violence et de s’inscrire résolument dans la voie d’une solution politique négociée.
À la population congolaise, l’ODEP l’invite enfin à s’approprier ce processus participatif, de la base jusqu’au niveau national, tout en préservant la cohésion sociale et en rejetant tout discours de haine ou de division.
ODN