Kasaï-Central : Denise Nyakeru Tshisekedi exhorte les autorités traditionnelles à œuvre en faveur de la paix et de la justice

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En République démocratique du Congo, dans l’espace Kasaï, certaines pratiques coutumières fragilisent les droits des femmes. Les violences conjugales, les mariages précoces, la répudiation de femmes victimes de violences sexuelles ainsi que les restrictions à l’accès à l’éducation et au travail figurent parmi les situations dénoncées.

Le phénomène « Kamuina Nsapu », qui s’ajoute à ces pratiques, a particulièrement affecté plusieurs femmes mariées victimes de violences sexuelles. Certaines d’entre elles ont été répudiées de leur foyer conjugal après avoir été contraintes de payer de lourdes amendes et subi diverses humiliations.

Face à ces pratiques jugées « avilissantes », l’ONG Femme main dans la main pour le développement intégral, une organisation féminine basée au Kasaï-Central, a engagé, ce jeudi 3 septembre, un dialogue avec les autorités traditionnelles afin d’identifier ces pratiques et de contribuer à leur abolition.

Pour la présidente de cette organisation, Nathalie Kambale, ce plaidoyer vise notamment à permettre à ces femmes de regagner leur foyer conjugal.

« Nous nous sommes rapprochés des autorités traditionnelles, vu toutes les formes de coutumes avilissantes, surtout avec la guerre de Kamuina Nsapu qui a impliqué plusieurs femmes mariées victimes de violences sexuelles, répudiées de leur foyer conjugal. Nous avons fait ce plaidoyer pour que ces femmes puissent regagner leur foyer conjugal », a-t-elle expliqué.


Ce processus de dialogue, appuyé par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), a abouti à la signature d’un acte d’engagement par les chefs coutumiers en faveur de l’abolition de ces pratiques.

Le représentant résident de l’UNFPA en RDC, Alain Akpadji, a salué cette initiative.

« L’UNFPA, avec les autres agences du système des Nations unies, a beaucoup soutenu ce dialogue communautaire, notamment à travers le renforcement des capacités des ONG féminines sur la manière de s’engager avec les chefs coutumiers, parce que nous avons déjà l’expérience et la pratique dans beaucoup de pays. »

Prenant la parole, la Première dame de la RDC, Denise Nyakeru Tshisekedi, a exhorté les chefs traditionnels à œuvrer en faveur de la paix et de la justice au sein des communautés.

Elle a également appelé les parents et les autorités traditionnelles à encourager les jeunes filles à poursuivre leur scolarité.

« Pour moi, c’est une première de voir que les chefs coutumiers acceptent de coopérer et comprennent l’importance de bannir tout ce qui est injustice selon les coutumes », a-t-elle déclaré.

Les autorités traditionnelles ont, de leur côté, profité de cette occasion pour présenter à la Première dame plusieurs préoccupations de leurs communautés, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement socio-économique.

Linda Lusonso