CVM : « Jeanne Blandine Kawanda n'a tenté de détourner aucun rond » (Avocat)

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« Jeanne Blandine Kawanda Walwom n'a tenté de détourner aucun rond à la Congolaise des voies maritimes (CVM-SA) » : c'est son avocat qui l'a déclaré, ce samedi 05 septembre, lors d'une conférence de presse tenue à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Maître Justin Molima Wa Ndjemo a dénoncé ce qu'il a qualifié de « ragots » distillés sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines au sujet de la directrice générale de la CVM-SA, suspendue le 11 mai à titre conservatoire pour une durée de trois mois dans le dossier relatif à l'acquisition d'une nouvelle drague pour la société.

Récap ! La DG est accusée de tentative de détournement de 44 millions de dollars américains destinés à l'acquisition d'une nouvelle drague pour la CVM-SA, en signant un contrat « mafieux » Royal IHC, une firme internationale. Des accusations que rejette son avocat.

Un dossier datant de 2019

Jeanne Blandine Kawanda a été nommée au poste de directeur général de la CVM-SA en juin 2023. À son arrivée, selon son avocat, elle a trouvé le dossier sur la table, amorcé depuis 2019. À l'en croire, elle a décidé de poursuivre le processus au nom du principe de la continuité des affaires de l'Ètat.

« Elle arrive en 2023, elle trouve le dossier sur la table. Comme manager, elle l’a récupéré et continué le process avec toutes les autorités compétentes. Pour votre information, la CVM a deux tutelles : la tutelle technique, c’est les Transports et voies de communication. La tutelle financière, c’est le Portefeuille. Elle s’est battue avec les armateurs qui la soutenaient, pour finaliser le dossier de l’acquisition d’une nouvelle drague », a expliqué Maître Justin Molima Wa Ndjemo.

Pour acquérir cette drague, il a affirmé que les armateurs ont monté un fonds, la CVM-SA n'ayant pas de financement. Ce fonds, a révélé l'avocat de la DG Kawanda, est co-géré par la CVM et la FEC via la Corporation des armateurs.

« Et comme la CVM, par le passé, on l’a surnommé Canard boiteux, les armateurs se sont arrangés pour monter un petit fonds pour aider la CVM à acquérir une nouvelle drague. Ce fonds là est co-géré par la CVM et la Corporation des armateurs. Le fonds est logé dans un compte bancaire qui est co-géré et co-signé par les deux parties », a-t-il souligné.

Marché gré à gré autorisé

Face à l'urgence, la DG Kawanda a opté pour la signature d’un contrat de gré à gré avec la firme Royal IHC pour plus de célérité. Son avocat a indiqué qu'elle a obtenu toutes les autorisations des autorités de tutelle pour engager cette procédure.

« C’est ainsi que devant cette urgence d’acquérir une nouvelle drague, Madame Kawanda, après consultations au niveau de la Direction générale de contrôle des marchés publics, a opté pour un marché de gré à gré pour célérité et avec l’appui de toutes les tutelles. Je ne citerai pas le ministre Bussa qui est parti, l’actuelle ministre Shiku, le vice-premier Jean-Pierre Bemba qui l’ont accompagnée dans le process. Et ainsi elle tombera sur une firme qui construit les dragues », a-t-il précisé.

D'après lui, la procédure a été menée en toute transparence.

« C’est ce qui va se faire et dans la transparence la plus totale. Elle a reçu l’avis de non objection de la DGCMP pour aller signer le contrat dans un processus régulier jusqu’à aboutir au versement d’un acompte au niveau de la firme hollandaise qui fabrique la drague. Mais la CVM n’a pas d’argent pour ça, parce qu’elle s'abreuve uniquement aux mamelles de la Corporation des professionnels des armateurs du Congo », a dit Me Justin Molima Wa Ndjemo.

Il a ajouté qu' « on est passé par UBA. Mais UBA, à l’international, n’est pas crédible, il fallait qu’il y ait un parrain ou une marraine internationale. C’est une ainsi qu’une banque allemande a parrainé UBA pour que la firme hollandaise, fabricante de la drague, puisse accepter le marché. C’est comme ça que UBA va libérer une lettre de crédit, parrainée par la banque internationale allemande, et le contrat va être signé. Il fallait payer un acompte. Cet acompte est sorti de la cagnotte de la Corporation des armateurs qui a fait un transfert via UBA vers la firme hollandaise qui construit la drague ».

38 millions USD comme coût global

D'après l'avocat de Jeanne Blandine Kawanda Walwom, les 44 millions de dollars américains évoqués sur les réseaux sociaux n'existent pas. Il a soutenu que le coût global du projet est de 38 millions USD, incluant le transfert des technologies et la formation des ingénieurs congolais à l'utilisation de la drague.

« On raconte qu’il y a 44 millions de dollars, il y a autant d’argent. Non ! Il n’y a pas 44 millions de dollars. Dans la construction de la drague, il y a deux phrases : quand la firme aura fini de construire la drague, ils vont former les techniciens congolais qui vont assurer le suivi de l’outil de travail qui est la drague. Il y aura transfert des technologies, ils vont former les ingénieurs congolais de la CVM », a-t-il affirmé.

Et d'ajouter : « In fine, le montant global de la fabrication de cet outil fera 38 millions de dollars. Donc, je répète , il y a la drague, il y a le suivi, il y a la formation, il y a des ingénieurs hollandais qui viendront ici aider les ingénieurs congolais à comprendre comment fonctionne la drague. Donc, c’est toute une série de choses ».

Entre-temps, un acompte de 15 millions de dollars a été transféré à la firme hollandaise pour la fabrication de la drague. Chaque mois, a-t-il fait savoir, la CVM, via la cagnotte des armateurs, va payer 750 mille USD à la firme hollandaise.

« Après le premier acompte versé à la firme, la CVM, via la cagnotte de la Corporation des armateurs, va commencer à payer chaque mois 750 mille dollars à la firme hollandaise. Donc, nulle part Madame Kawanda a pris un rond ou a tenté de prendre un rond. Et puis le compte de l’UBA est co-géré avec la FEC. Donc, pour payer, pour tirer un chèque , il faut deux signatures : une de la CVM, via la DG , et une autre de la Corporation », a-t-il indiqué.

« Madame Kawanda n’a pas brassé l’argent »

Maître Justin Molima a tenu à souligner que la DG Kawanda Walwom n'a pas brassé l'argent à la CVM-SA. Elle est, d'après ses dires, « immaculée et blanche comme neige ».

« Madame Kawanda n’a pas brassé l’argent. Il n’y a pas eu un compte appartenant à Madame Kawanda duquel est parti l’argent pour la firme. Non ! Donc, c’est UBA vers la banque internationale qui a parrainé pour la firme », a-t-il dit.

Dans la foulée, il a dénoncé une campagne de diabolisation, visant à ternir l'image de Jeanne Blandine Kawanda : « On essaie de salir cette dame , de la peindre en noir, alors qu’elle est blanche comme neige. Elle n’a tenté de détourner aucun rond, la CVM n’a pas l’argent, elle s’abreuve aux mamelles de la Corporation des armateurs. Tenez-le pour dit ».

Il a, à l'occasion, rappelé que J. B. Kawanda Walwom avait trouvé la CVM-SA dans un état « chaotique », avec des arriérés de salaire,  difficultés sociales pour des agents et un outil de travail en panne. Par ses efforts, a-t-il souligné, la DG s’est battue pour remettre à flot la drague dite « Fatshi », arrêter l'hémorragie et commencer à payer les salaires régulièrement.

Prince Mayiro