La Société congolaise de néphrologie recommande l’élaboration d’une loi sur la transplantation rénale

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La Société congolaise de néphrologie (SOCONEPH) a clôturé, le jeudi 27 août 2026 à Kinshasa, son deuxième Congrès international de néphrologie. Organisées pendant trois jours autour du thème « Femme et maladie rénale : à l’ère de la couverture santé universelle », ces assises ont abouti à plusieurs recommandations, dont l’élaboration d’une loi sur la transplantation rénale en République démocratique du Congo.

Pour le professeur Ernest Sumaili, vice-président de la SOCONEPH et président du comité d’organisation, ces assises ont permis aux professionnels de santé de partager leurs expériences et de réfléchir aux moyens d’améliorer la prise en charge des maladies rénales.

« Pour ce deuxième congrès, on peut retenir que la priorité, c’est la femme. C’est d’abord la prévention pendant la grossesse, mais aussi le dépistage précoce. Non seulement chez la femme enceinte, mais chez toute femme. Il faut se dépister précocement, étant donné que les maladies rénales ne donnent souvent pas de signes cliniques à temps. Plusieurs experts ont partagé leur expérience dans différents domaines de la néphrologie, notamment la néphrologie clinique, la dialyse, la transplantation et plusieurs autres retours d’expérience », a-t-il déclaré.

Présent à ces travaux, le professeur Bacha Mohamed, néphrologue tunisien, a également insisté sur la nécessité de passer des recommandations aux actions concrètes. Il a notamment mis l’accent sur la prévention, le dépistage précoce et le développement de la transplantation rénale en RDC.

« Je suis agréablement surpris par la qualité de la néphrologie congolaise et par le travail de fond qui est en train d’être fait par mes collègues. C’est vrai qu’il y a encore un grand travail à accomplir, particulièrement dans le domaine de la transplantation rénale, qui n’a pas encore démarré. Je pense qu’il faut commencer par voter cette loi, qui encadre l’activité de transplantation, protège le donneur et le receveur et permettra l’établissement d’un programme solide pour répondre aux besoins du pays et éviter ces exodes thérapeutiques vers d’autres pays, parfois dans des conditions difficiles », a-t-il indiqué.

Durant trois jours, néphrologues, médecins généralistes, infirmiers, techniciens de dialyse, chercheurs, étudiants et autres professionnels de santé ont échangé sur plusieurs problématiques liées aux maladies rénales, avec un accent particulier sur la santé rénale de la femme.

Les participants ont également formulé des recommandations concernant la dialyse, la néphrologie pédiatrique, l’imagerie médicale ainsi que le renforcement des capacités des professionnels de santé.

Pour sa part, Suzette Nsamba, infirmière à l’hôpital Ngaliema Center et participante à ces assises, a salué la tenue de ce congrès.

« On a eu notre deuxième congrès, qui était vraiment riche. Il nous a encore boostés et a augmenté nos connaissances sur la maladie rénale chez la femme et sa prise en charge, qui est capitale. Nous devons nous y mettre pour une meilleure qualité de vie de nos femmes », a déclaré Suzette Nsamba.

Un médecin venu de la République du Congo a, de son côté, salué les échanges entre professionnels de différents pays et l’importance de la formation continue dans l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladies rénales.

« Ça m’a fait plaisir de discuter sur des points qui étaient tellement essentiels, surtout que chez nous, à Brazzaville, on n’a pas la possibilité de dialyser les femmes enceintes parce qu’il y avait beaucoup de contraintes. Mais ici, je pense qu’il y a eu une certaine facilité à le faire. Aujourd’hui, on aimerait mettre l’accent sur la transplantation rénale, surtout dans les pays subsahariens qui, jusqu’à présent, n’ont pas cette possibilité », a-t-il conclu.

Au terme de ces assises, les spécialistes appellent désormais à la mise en œuvre effective des recommandations formulées, notamment l’adoption d’un cadre légal pour encadrer la transplantation rénale en RDC. L’objectif est de renforcer l’offre de soins, d’améliorer l’accès aux traitements et de contribuer à réduire l’impact des maladies rénales dans le pays.

Sandrine Fundi