Participation du Cadre de concertation/Sud-Kivu à la marche de l’AFC/M23 : le CCNSC-RDC affirme avoir perdu le contrôle de sa structure

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Le Cadre de concertation national de la société civile de la RDC (CCNSC-RDC) affirme que les initiatives prises par le Cadre de concertation provincial de la société civile du Sud-Kivu ne reflètent plus sa position. Son président national, Danny Boss Singoma, explique que cette situation résulte de l'occupation d'une grande partie de la province par l'AFC/M23, soutenu par le Rwanda.

Joint par téléphone par notre média, Danny Boss Singoma précise que le CCNSC-RDC n'est « ni de près ni de loin » concerné par la marche populaire organisée à Bukavu par certaines organisations de la société civile en soutien à l'AFC/M23.

Selon lui, la plateforme nationale ne dispose plus d'un contrôle effectif sur sa structure provinciale du Sud-Kivu et ne peut, par conséquent, être tenue responsable des positions ou des activités qui y sont menées.

« Depuis l'occupation d'une partie de notre pays par les forces négatives dans l'Est, principalement la ville de Bukavu, nous n'avons plus de contact permanent avec nos collègues et n'avons plus la possibilité d'interagir avec les autorités de fait, la vocation du CCNSC-RDC étant d'être en dialogue permanent avec les autorités publiques ainsi qu'avec les partenaires de la coopération bilatérale et multilatérale. Aujourd'hui, cette partie du pays sous occupation nous échappe complètement », a déclaré Danny Boss Singoma.

Il affirme que le CCNSC-RDC suit avec inquiétude la situation des acteurs de la société civile évoluant dans les territoires sous occupation.

« Nous sommes solidaires de tous nos collègues des zones à forte intensité de conflit et demeurons préoccupés par les épreuves qu'ils traversent. Beaucoup ont dû s'exiler loin de leurs familles, tandis que d'autres sont restés aux côtés de la population dans des conditions marquées par des privations de libertés civiques. Lorsque nos collègues organisent des activités de mobilisation, nous nous interrogeons sur le degré d'implication des autorités rebelles dans ces initiatives. Cela nous impose la prudence et nous empêche d'endosser leurs actions. Nous espérons vivement qu'une issue pacifique sera rapidement trouvée afin que le pays retrouve son unité et nous permette de nous redéployer auprès de tous les cadres de concertation provinciaux de la société civile », a-t-il affirmé.

Le président national du CCNSC-RDC appelle par ailleurs les organisations de la société civile à préserver leur indépendance.

« Nous demandons à l'ensemble des actrices et acteurs de la société civile congolaise de demeurer apolitiques et objectifs, et de ne pas se compromettre dans des alliances qui ne répondent pas à l'intérêt supérieur de la Nation et de la population. Nous appelons également tous nos partenaires institutionnels et non institutionnels, ainsi que les partenaires de la coopération bilatérale et multilatérale, à soutenir la restructuration et le renforcement du Cadre de concertation de la société civile afin de promouvoir la convergence des organisations de la société civile dans leur diversité et leur pluralité, et de contribuer au renforcement de la démocratie et de l'État de droit en RDC avec la participation active de ces organisations », a-t-il ajouté.

Danny Boss Singoma invite enfin les organisations de la société civile à privilégier la concertation interne et la convergence des points de vue dans leurs prises de position.

Raphaël Kwazi