Longtemps laissé à l’abandon, le jardin zoologique de Kinshasa est en pleine réhabilitation grâce à un partenariat entre l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et Vantara, un centre indien spécialisé dans la restauration des espèces animales et des écosystèmes menacés. Lancés en juin dernier, les travaux sont exécutés par une entreprise congolaise avec l’appui d’ingénieurs venus d’Inde.
Le chantier a débuté par la construction de deux bâtiments d’un étage. Le premier abritera les services administratifs, tandis que le second accueillera un hôpital vétérinaire.
« Nous avons entamé les travaux par la construction de deux bâtiments en R+1. Le premier accueillera l’administration et le second abritera l’hôpital vétérinaire. Pour le moment, nous en sommes aux travaux de fouille et de fondation. Après la construction de ces bâtiments, nous entamerons directement celle des enclos destinés aux animaux. Il est prévu que les travaux durent deux ans », nous a expliqué l’architecte Steve Nsasu, lors d’une visite du chantier le vendredi 17 juillet.
Selon les responsables du projet, cette réhabilitation vise à transformer l’un des plus anciens sites touristiques de Kinshasa en un parc zoologique moderne, conforme aux normes internationales en matière de conservation de la biodiversité, de bien-être animal et d’accueil du public.
« Les travaux que nous faisons sont durables pour le bien des générations actuelles et futures. Étant donné que ces bâtiments accueilleront du monde tous les jours, nous tenons à ce qu’ils soient non seulement beaux mais aussi et surtout durables. Pour l’armature, par exemple, nous avons fait le choix des meilleurs matériaux qu’il y a dans la ville. Ceux que nous n’allons pas trouver localement seront importés. Nous sommes tellement concentrés pour permettre aux générations de profiter de cet environnement le plus longtemps possible. C’est ce qui explique que nos excavations soient très profondes », a renchéri Rebecca Bilonda, ingénieure.
La présence annoncée des espèces emblématiques du pays
À l’issue des travaux, le zoo devrait accueillir plusieurs espèces emblématiques de la faune congolaise, notamment l’okapi, le bonobo, l’éléphant et le paon congolais.
« Les conditions dans lesquelles vivaient les animaux nous peinaient tous. Cette fois-ci, des enclos qui respectent les normes internationales de conservation seront installés et les animaux seront en semi-liberté. Nous allons ramener des espèces endémiques de notre pays comme le bonobo, l’okapi et le paon congolais. La population kinoise viendra contempler ici la riche biodiversité que possède notre pays. Il y aura même des espaces de loisir et de repos pour les visiteurs », a expliqué Bruno Matata, directeur du zoo.
Le projet prévoit également l’aménagement d’espaces de détente afin de faire du zoo un lieu de loisirs et d’éducation environnementale.
L’ICCN veut récupérer les espaces spoliés
Pour permettre l’extension du site, l’ICCN entend récupérer les parcelles du zoo occupées illégalement par des particuliers ainsi que celles utilisées par d’autres services de l’État.
« Le zoo est un site protégé, il est inviolable. Il y a eu dans le passé des gens qui ont spolié, notamment vers le terrain de tennis, le bureau de la police, mais depuis un temps nous avons entamé l’opération de récupération de nos espaces. A l’instant même j’ai l’autorisation de détruire tous les magasins de fortune qu’il y a le long du mur du côté de l’hôpital général de Maman Yemo pour nous permettre d’avoir plus d’espaces », a ajouté le directeur du zoo.
Les animaux qui vivaient auparavant au jardin zoologique ont été transférés sur un autre site de l’ICCN, situé dans la commune de la N’Sele. Ils y sont suivis par des vétérinaires et d’autres techniciens ayant bénéficié, l’année dernière, de trois mois de formation en Inde, à Vantara.
Les travaux devraient s’étendre sur deux ans. Selon une source du ministère du Tourisme, le site pourrait, à terme, être couplé au jardin botanique situé en face, afin de constituer un même complexe touristique.
Bienfait Luganywa