RDC : le gouvernement valide la phase opérationnelle du contrôle biométrique des effectifs de la Police

Image
Droits tiers

Le gouvernement a officiellement validé, ce jeudi 9 juillet 2026, le passage à la phase opérationnelle du projet de contrôle physique, administratif et biométrique des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC). La décision a été prise à l'issue d'une réunion d'évaluation présidée à Kinshasa par le vice-premier ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani.

Cette séance de travail, à laquelle ont notamment pris part le vice-premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, le ministre d'État du Budget, Adolphe Muzito, les responsables de la Police nationale congolaise ainsi que ceux de la société Africa Business Agency (ABA), a permis de clôturer la phase d'analyse des données existantes et de valider le passage à la phase opérationnelle du projet.

« Nous avons officiellement acté la fin de la phase d'analyse de l'existant et validé le passage à la phase opérationnelle. (...) Cette mission est le fondement de la réforme de la police, de la maîtrise des effectifs et le préalable à toute réforme des ressources humaines, à toute politique salariale cohérente et à toute amélioration des conditions de service de nos policiers », a déclaré Jacquemain Shabani.

Le vice-premier ministre a annoncé, dans la foulée, la création d'un comité de pilotage chargé d'assurer la supervision stratégique de la mission, le suivi régulier de son déploiement et la coordination entre les différentes institutions concernées. Il a également lancé un appel aux ministères du Budget, des Finances et de la Fonction publique afin que les ressources nécessaires soient mobilisées dans les délais, estimant que la réussite de cette opération dépendra de la capacité du gouvernement à surmonter les contraintes financières et logistiques.

Selon Africa Business Agency (ABA), partenaire technique du gouvernement dans ce projet, l'opération consistera, durant six mois, à réaliser un contrôle physique, administratif et biométrique d'environ 157 000 policiers répartis dans les 26 provinces du pays.

Cette mission s'appuiera sur les données issues des campagnes d'identification réalisées en 2009 et 2011, qui seront actualisées afin de constituer un fichier général biométrique fiable et sécurisé des effectifs de la PNC.

« L'objectif final de cette mission de contrôle biométrique est de fournir un fichier général biométrique fiable et sécurisé des effectifs policiers au sein de la PNC. À l'issue de ce projet, chaque policier disposera d'une identité administrative unique, d'une identité biométrique vérifiable, d'une affectation validée par la hiérarchie ainsi que d'une traçabilité complète des opérations », a expliqué Claude Kikoka Mbala, président du conseil d'administration d'ABA.

Pour garantir l'unicité des identités, ABA indique que le nouveau dispositif reposera sur les dix empreintes digitales, la reconnaissance faciale et l'iris des deux yeux, contrairement au système actuel limité à deux empreintes digitales. Les opérations seront réalisées à l'aide de kits biométriques portables et autonomes en énergie, tandis que les données collectées dans les provinces seront transmises en temps réel, via un réseau privé virtuel (VPN) sécurisé et crypté, vers une coordination centrale installée au commissariat général de la PNC à Kinshasa.

Au-delà de la fiabilisation des effectifs, le gouvernement attend de cette mission une meilleure maîtrise de la masse salariale grâce à l'identification d'éventuels agents fictifs ou irrégulièrement rémunérés, une gestion plus efficace des carrières des policiers ainsi qu'une optimisation de la gestion des dotations logistiques.

Au cours de cette réunion, un rapport préliminaire d'audit des effectifs de la Police a également été remis au vice-premier ministre de l'Intérieur. Ce document servira de base au lancement de l'enrôlement biométrique et devrait contribuer à renforcer la gouvernance de la PNC, la transparence dans la gestion des carrières ainsi que la fiabilité des données administratives des policiers.

Merveil Molo