Dans une dépêche nous parvenue ce mercredi 8 juillet, des membres de la société civile et des commerçants de Manono, dans la province de Tanganyika, dénoncent des abus de taxation sur l'axe Manono - Nyunzu - Kalemie après sa réouverture progressive.
Selon eux, ce corridor, long de 446 Km, est devenu une source de lourdes charges pour les transporteurs, les commerçants et les ménages, en lieu et place de relancer l'économie locale.
"Selon le tableau des tarifs consulté, chaque catégorie de véhicule paie un péage distinct. Une voiture de tourisme légère débourse 21 USD au PK79, soit 0,083 USD/km. Un véhicule moyen paie 27 USD et un transport lourd peut aller jusqu’à 64 USD au même point", rapportent ces acteurs sociaux et économiques.
Et d'ajouter : "Pour le fret, c’est encore plus lourd. Un camion C2E est taxé à 129 USD au PK79 et 30 USD au PK420. Un C3E paie 343 USD et 160 USD. Pour les plus gros porteurs C5E et convois exceptionnels, la facture grimpe à 437 USD et 505 USD au PK79. À cela s’ajoutent des frais de surpoids de 35 à 174 USD. Résultat : une chaîne de hausse des prix. Le transporteur augmente ses tarifs, le commerçant répercute sur le sel, le sucre, la farine et l’huile, et c’est le consommateur qui paie le prix fort".
Par ailleurs, ils dénoncent aussi de multiples barrières routières où apparaissent de nouveaux frais, parfois sans justification.
"Nous pensions que la route allait nous soulager. Mais aujourd’hui, les taxes nous étouffent. Nous travaillons à perte et la population paie le prix fort", regrette un commerçant de Manono dans la dépêche.
Cette situation a des répercussions sur les marchés à Manono. Ces acteurs sociaux et économiques expliquent que les produits de première nécessité deviennent inaccessibles et certains ménages sont obligés de réduire leurs repas.
Face à cette situation, ils appellent les autorités provinciales et nationales à réguler les péages, supprimer les tracasseries et encadrer clairement les frais. Ils réclament aussi un appui aux opérateurs locaux.
Lancés en octobre 2024, les travaux de réhabilitation de cet axe stratégique avaient pour objectif : le désenclavement de ce coin de la République démocratique du Congo.
Prince Mayiro