Dialogue Public-Privé : Sakombi Molendo réaffirme son ambition de transformer effectivement la desserte électrique sur l’ensemble du territoire national

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Le ministère des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité (MRHE),  en collaboration avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), avec l’appui de la Société Financière Internationale du Groupe de la Banque mondiale, a lancé le 26 juin 2026 un Dialogue Public-Privé, (DPP) permanent dans le secteur de l’électricité, en République démocratique du Congo.

Ces assises ont pour objectif de créer un cadre de concertation entre les acteurs publics et privés afin d’identifier les contraintes liées aux procédures administratives et au cadre fiscal ou du secteur de l’électricité, et de formuler des recommandations consensuelles pour améliorer l’attractivité des investissements et accélérer le développement du secteur énergétique en RDC.

Dans son allocution, le ministre des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a indiqué que la tenue de ces assises procède d’une volonté claire : celle d’installer, dans la durée, un cadre de concertation structuré entre les pouvoirs publics et les acteurs privés.

« Cette démarche traduit la détermination de mon ministère à faire du dialogue, de l’écoute mutuelle et de la responsabilité partagée les fondements d’une action publique plus efficace dans le secteur de l’électricité. Les différentes réflexions conduites ces derniers mois ont mis en évidence la
nécessité d’accélérer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de nos précédentes rencontres, notamment à l’occasion des consultations du Compact Énergétique de décembre 2024, du forum sur la Mission M-300 tenu à Nairobi, ainsi que de la récente conférence Africa Energy Forum organisée à Cape Town du 16 au 18 juin 2026 », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, le patron du secteur de l’électricité en République démocratique du Congo a souligné que de ces échanges est ressortie une interrogation essentielle, qui commande désormais son action : comment accélérer la participation du secteur privé afin d’accroître, de manière significative, le taux d’accès à l’électricité en République Démocratique du Congo ?

En outre, Aimé Sakombi Molendo a fait remarquer que cette question appelle des réponses concrètes.

« Elle appelle surtout de la constance, de la méthode et de la volonté dans l’application des mécanismes prévus par la Loi n°25/025 du 05 février 2025. C’est dans cet esprit que nous avons choisi d’organiser les présents travaux autour de deux axes stratégiques : la fiscalité du secteur et la mise en place du Guichet Unique. Mesdames et Messieurs, en ouvrant cet espace de concertation directe, nous engageons une étape importante dans le renforcement du climat des affaires, conformément aux engagements pris dans le cadre du pilier 4 du Compact Énergétique de la République Démocratique du Congo. L’objectif du Gouvernement est clair : garantir à nos populations un accès à une énergie fiable, abordable et durable, tout en créant les conditions d’un environnement attractif pour l’investissement privé. Il s’agit là d’une exigence à la fois économique, sociale et nationale », a-t-il déclaré.

S’agissant de l’environnement fiscal, le ministre Sakombi a précisé que les échanges porteront sur les questions spécifiques liées à la fiscalité et à la parafiscalité du secteur.

Poursuivant son allocution, Aimé Sakombi Molendo a rassuré les participants à ce dialogue qu’un travail d’analyse approfondi a déjà été engagé avec le ministère des Finances ainsi qu’avec les partenaires, afin d’identifier les ajustements nécessaires.

« Toutefois, la qualité des réformes à venir dépendra aussi de la qualité de notre dialogue. C’est pourquoi je vous invite à des échanges francs, responsables et utiles. Toutes les préoccupations doivent pouvoir être exprimées avec clarté, sans détour et sans tabou. Nos débats doivent être constructifs. Ils doivent surtout être orientés vers des solutions concrètes, applicables et immédiatement utiles à la transformation du secteur », a-t-il martelé.

Au-delà des deux thématiques retenues, le ministre Sakombi a mis un accent particulier sur le fait que son ambition demeure la même : transformer effectivement la desserte électrique sur l’ensemble du territoire national.

« Pour atteindre cet objectif, nous devons renforcer la confiance entre les parties prenantes et lever, avec lucidité, les contraintes qui continuent de peser sur l’investissement. Je le dis avec gravité : les recommandations issues de ces assises ne devront pas rester sans suite. Elles devront être pragmatiques, réalistes et orientées vers l’exécution. Nous avons le devoir de rompre avec les pratiques qui ont trop souvent conduit à différer l’action. Le temps est venu de faire prévaloir une culture de résultat, de suivi et de responsabilité. Je forme le vœu que les travaux qui s’ouvrent aujourd’hui débouchent sur des engagements fermes, équilibrés et consensuels, de nature à améliorer durablement le climat des affaires dans le secteur de l’électricité. Je voudrais, enfin, renouveler mes remerciements à l’ensemble des Partenaires Techniques et Financiers pour leur accompagnement, ainsi qu’à tous les participants pour leur engagement au service du développement énergétique de notre pays. C’est avec la conviction que nous avons le devoir d’agir avec méthode, avec constance et avec sens de l’intérêt général, que je déclare ouverts les travaux du Dialogue Public-Privé du secteur de l’électricité », conclut le ministre des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité.

Signalons par ailleurs que cette première session du Dialogue Public-Privé est consacré au lancement de débat avec deux thématiques principales à savoir : la fiscalité dans le secteur de l’électricité et la mise en place du Guichet Unique pour le secteur de l’électricité.

Contexte du Dialogue Public-Privé

 

La République démocratique du Congo s’est engagée, à travers son Compact Énergétique National signé dans le cadre de la Mission 300, à accroître de 21,5% à 62% le taux d’accès à l’électricité et de 1% à 30% le taux d’accès à la cuisson propre à l’horizon 2030.

L’atteinte de ces objectifs ambitieux nécessite non seulement la poursuite des réformes engagées dans le secteur de l’énergie, mais également une mobilisation accrue des investissements privés.

En effet, les besoins de financement du secteur de l’électricité dépassent largement les capacités d’investissement de l’État et des partenaires publics. La participation du secteur privé apparaît donc indispensable pour accélérer le développement des infrastructures de production, de transport et de distribution d’électricité, ainsi que des solutions décentralisées d’électrification.

Toutefois, malgré les réformes entreprises depuis l’entrée en vigueur de la Loi n°14/011 du 17 juin 2014 relative au secteur de l’électricité, plusieurs investisseurs et opérateurs privés continuent de faire face à des contraintes qui limitent le développement de leurs activités et freinent les investissements.

 



Parmi les principales difficultés identifiées figurent notamment :

• La complexité et la longueur des procédures administratives ;

• La multiplicité des institutions impliquées dans le traitement des dossiers ;

• Les délais d’obtention des licences, autorisations, exonérations et autres agréments ;

• Les contraintes liées aux procédures douanières et fiscales, notamment la nomenclature fiscale et de redevance appliquée aux opérateurs du secteur de l’électricité ;

• Le manque de visibilité sur les responsabilités institutionnelles et les délais de traitement ;

• L’absence d’un cadre structuré de concertation ou de dialogue régulier entre les institutions du secteur public et les opérateurs privés.

Jephté Kitsita