Le Congrès national congolais (CNC), parti cher au sénateur Pius Muabilu, est monté au créneau après la déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) relative au débat sur le changement de la Constitution.
Dans une réaction rendue publique le dimanche 21 juin 2026, cette formation politique de l'Union sacrée estime que la position des évêques est « irresponsable » et réaffirme son soutien à une réforme constitutionnelle soumise à l'approbation du peuple par référendum.
« Le Congrès national congolais, le parti du leader majeur Excellence Pius Muabilu Mbayu Mukala, a suivi sans surprise cette déclaration irresponsable faite par quelques prélats, parce que dans la salle, d'autres n'ont pas voulu signer », a déclaré le parti par l'entremise de son porte-parole, Célé Kanangila.
Le CNC affirme par ailleurs ne pas comprendre l'attitude de certains responsables religieux qu'il accuse de fermer les yeux sur les souffrances endurées par les populations congolaises dans l'Est du pays.
« Le CNC note qu'il s'agit d'une déclaration pour justifier l'argent que ces quelques prélats ont reçu de la part de Paul Kagame qui tue, viole, vole dans notre pays depuis plusieurs années. Le CNC ne comprend pas comment des gens qui se sont rendus dans une ville où Kagame venait de massacrer des millions de Congolais peuvent faire une déclaration aussi irresponsable, dans la mesure où dans cette ville, on les a vus, sourire aux lèvres, serrant la main aux auteurs de ces massacres », soutient le parti.
Selon le CNC, le débat sur l'avenir institutionnel de la République démocratique du Congo ne peut être tranché que par le souverain primaire.
« Cet avenir sera décidé par plus de 100 millions de Congolais par voie référendaire, démocratie oblige. Le CNC attire l'attention de la communauté nationale et internationale sur le fait que quelques prélats ont décidé de rouler pour l'ennemi, et rappelle qu'aucun pardon ne sera accordé aux traîtres, qu'ils soient congolais ou étrangers », a poursuivi le porte-parole du parti.
Le parti de Pius Muabilu estime en outre que la Constitution actuelle a révélé plusieurs limites et qu'il devient nécessaire de doter le pays d'un texte fondamental mieux adapté à ses réalités.
« Le parti de Pius Muabilu rappelle que la Constitution en place a montré ses failles et qu'il est plus que temps d'avoir une Constitution adaptée à nos réalités. C'est pour cela que le leader du CNC a remis, il y a quelques jours, le projet d'une nouvelle Constitution, œuvre des experts de son parti, au président de la République », indique la même réaction.
Le CNC annonce qu'une délégation sera prochainement déployée à travers les différentes provinces du pays afin d'expliquer le bien-fondé de cette démarche et de mobiliser l'adhésion de la population à cette réforme constitutionnelle.
Pour rappel, dans une déclaration rendue publique samedi, la CENCO a réaffirmé son opposition à toute initiative visant à modifier ou à remplacer la Constitution dans le contexte actuel. Les évêques catholiques ont notamment estimé que les priorités nationales devraient porter sur la restauration de la paix, particulièrement dans l'Est de la RDC, la cohésion nationale et l'amélioration de la gouvernance, mettant en garde contre un changement constitutionnel susceptible, selon eux, d'accentuer les tensions politiques.
Merveil Molo