La RDC, la RCA et le HCR actent la reprise du rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains à partir de juillet

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Les opérations de rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant en République démocratique du Congo reprendront dès la seconde moitié du mois de juillet 2026. Cette décision a été prise à l'issue des travaux de la commission tripartite réunissant les gouvernements de la RDC et de la République centrafricaine (RCA), ainsi que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), clôturés ce jeudi 11 juin 2026 à Kinshasa.

Les deux États et le HCR ont adopté neuf résolutions destinées à relancer le processus dans des conditions de sécurité et de dignité. Elles portent notamment sur le renforcement de la vérification de l'identité et de la nationalité des réfugiés, l'amélioration de l'enregistrement des bénéficiaires, la poursuite de la collecte des intentions de retour, le renforcement du Groupe de travail technique sur le rapatriement volontaire ainsi que la mobilisation de ressources pour la réintégration des rapatriés dans leurs pays respectifs.

Les parties ont également convenu de renforcer la collecte, la vérification et la publication de données fiables sur les mouvements des réfugiés afin d'harmoniser les statistiques des différentes opérations. Elles se sont engagées à procéder à la clôture des dossiers des personnes effectivement retournées dans leur pays d'origine et à refléter ces données dans les statistiques officielles publiées par chaque opération.

La commission tripartite a en outre décidé d'élaborer un plan opérationnel actualisé pour le rapatriement des réfugiés congolais vivant en République centrafricaine et de faciliter l'organisation de missions conjointes de sensibilisation des autorités congolaises et centrafricaines dans les camps et sites accueillant des réfugiés. Ces missions visent notamment à fournir aux candidats au retour des informations fiables sur les conditions de rapatriement et de réintégration.

Dans son allocution de clôture, le vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a rappelé qu'au 30 avril 2026, la RDC accueillait 502.962 réfugiés de différentes nationalités, dont 202.604 réfugiés centrafricains installés principalement dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et du Bas-Uele. Il a également attiré l'attention sur les mouvements récents de populations centrafricaines vers le territoire d'Ango, dans la province du Bas-Uele, où près de 60.000 personnes déplacées ont été observées dans la localité de Zapaï.

« Le retour étant un droit fondamental consacré par les instruments juridiques pertinents en matière de protection des réfugiés, notre vœu le plus ardent est de voir les réfugiés qui ont librement consenti au retour bénéficier de l'accompagnement de toutes les parties engagées dans le processus de rapatriement. À cet égard, je profite de cette opportunité pour solliciter l'accompagnement de la communauté internationale, à travers le HCR, particulièrement dans la mobilisation des ressources nécessaires pour le rapatriement, le relèvement communautaire ainsi que la réhabilitation de l'environnement dans les zones d'accueil des réfugiés. Pour sa part, le gouvernement de la République démocratique du Congo ne ménagera aucun effort pour mettre en œuvre les résolutions formulées à l'issue des présentes assises », a-t-il souligné.

De son côté, le ministre centrafricain de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Bienvenu Zokoué, a insisté sur la nécessité de garantir un retour durable et sécurisé des réfugiés.

Selon lui, près de 80.000 réfugiés centrafricains ont déjà regagné volontairement leur pays depuis 2017 grâce aux efforts conjoints des deux gouvernements et du HCR. Toutefois, la RDC demeure le deuxième pays d'accueil des réfugiés centrafricains avec plus de 200.000 personnes enregistrées.

« Face aux 35.000 intentions de retour exprimées et aux projections de 20.000 rapatriements pour l'année 2026 en provenance de la République démocratique du Congo, notre devoir collectif est d'agir avec méthode, rigueur et responsabilité », a déclaré le ministre centrafricain.

Bienvenu Zokoué a également évoqué plusieurs difficultés ayant conduit à la suspension provisoire des convois ces dernières années, notamment les problèmes liés à la vérification de la nationalité de certains candidats au retour, l'insuffisance des infrastructures dans les zones de réinstallation, les défis sécuritaires locaux ainsi que les risques sanitaires liés aux mouvements de populations.

Il a mis un accent particulier sur le renforcement des mécanismes conjoints de vérification des identités, l'amélioration du partage d'informations entre les parties, la mise en place d'un dispositif sanitaire renforcé aux points de passage frontaliers ainsi que l'extension des zones d'accueil des rapatriés en République centrafricaine au-delà de Bangui, notamment vers les préfectures de la Lobaye et de l'Ombella-M'Poko.

Pour sa part, le représentant du HCR en RDC, Dr Pierre Atchom, s'est félicité de la volonté réaffirmée des parties de reprendre les opérations de rapatriement volontaire dans des conditions de sécurité et de dignité, tout en renforçant la coordination opérationnelle et l'accompagnement des communautés de retour.

« Le HCR demeure pleinement engagé aux côtés des gouvernements de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine pour accompagner la mise en œuvre des décisions adoptées au cours de cette réunion », a-t-il indiqué.

Ouvertes le 9 juin dernier à Kinshasa, ces assises avaient pour objectif d'évaluer la mise en œuvre de l'accord tripartite signé le 9 juillet 2019 entre la RDC, la République centrafricaine et le HCR en vue du rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant sur le territoire congolais. Elles visaient également à identifier les obstacles ayant affecté les opérations de retour ces dernières années et à définir les mécanismes devant permettre leur reprise effective.

Merveil Molo