Le regroupement politique APPC (Amour du Prochain et de la Patrie Congo) s’est déclaré favorable à une refonte en profondeur de la Constitution du 18 février 2006. Dans ses propositions de réforme constitutionnelle présentées lors d’une conférence de presse tenue le 20 avril dernier à Kinshasa et consultées par 7SUR7.CD ce dimanche 31 mai 2026, son président du Conseil des sages et autorité morale, Sylvestre Dangnonsi Makambo, a exposé une série d’amendements visant à modifier l’architecture institutionnelle de la République démocratique du Congo.
Parmi les principales innovations défendues par l’APPC figure la suppression du poste de Premier ministre et le passage d’un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel.
« Nous proposons la suppression du poste de Premier ministre afin de passer à un régime présidentiel. Cette réforme vise à permettre au Président de la République de mettre directement en œuvre le programme pour lequel il a été élu par le peuple, tout en mettant fin aux lenteurs administratives et politiques liées à la formation du Gouvernement », a expliqué le regroupement politique dans son document de propositions.
Dans ses propositions, l’APPC suggère une modification de l’article 69 de la Constitution afin de faire du Président de la République à la fois le chef de l’État et le chef du Gouvernement. Dans cette configuration, le chef de l’Exécutif serait directement responsable de la conduite de l’action gouvernementale et disposerait du pouvoir de nommer ou de révoquer les membres du Gouvernement.
Par ailleurs, le regroupement propose également l’instauration d’un poste de vice-président de la République. Celui-ci serait élu en même temps que le président au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois, contre cinq ans actuellement.
Selon l’APPC, cette réforme permettrait de renforcer la stabilité des institutions, d’assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir et de rendre l’action gouvernementale plus efficace.
Outre la réorganisation du pouvoir exécutif, l’APPC préconise la nomination des gouverneurs et vice-gouverneurs de province par le Président de la République. Le regroupement souhaite également que les sénateurs soient désormais élus au suffrage universel direct plutôt qu’au suffrage indirect.
Dans ses propositions, l’organisation se prononce aussi pour la suppression des gouvernements provinciaux et des assemblées provinciales, estimant que cette restructuration contribuerait à simplifier l’architecture institutionnelle du pays.
L’APPC défend par ailleurs l’introduction de la double nationalité, la gratuité de l’enseignement de base incluant les cycles maternel, primaire et secondaire, ainsi qu’un renforcement de la participation des jeunes dans les instances de prise de décision.
Le regroupement propose en outre de porter le mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois, et d’intégrer les questions de cybersécurité et de défense numérique parmi les priorités liées à la sécurité nationale.
À l’issue de sa réflexion, l’APPC se déclare favorable au remplacement de la Constitution du 18 février 2006 par une nouvelle loi fondamentale. Le regroupement estime que celle-ci devrait être adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, à la majorité des trois cinquièmes de leurs membres.
Pour l’APPC, ces réformes permettraient de moderniser les institutions de la République, de renforcer l’efficacité de l’État et d’améliorer la gouvernance au service du développement du pays.
Chançard Sindani