En mission parlementaire à Bangui, la députée nationale et Questeure adjointe de l'Assemblée nationale, Grâce Neema Paininye, a attiré l’attention sur la situation sécuritaire à la frontière entre la République démocratique du Congo et la République centrafricaine, qu’elle considère comme l’un des principaux défis du Bas-Uele.
Profitant de sa présence en marge de l’investiture du président Faustin-Archange Touadéra, l’élue d’Ango a échangé avec le chef de l’État centrafricain, évoquant la dégradation continue des conditions de sécurité dans cette zone. Elle a notamment relevé que « la majorité des groupes armés qui terrorisent les populations congolaises opèrent à partir du territoire centrafricain ».
D’après les données recueillies sur le terrain, plusieurs groupes rebelles franchissent régulièrement la frontière pour mener des incursions en RDC. Parmi eux figurent des éléments issus de la Séléka, de la LRA d’origine ougandaise, ainsi que d’autres groupes armés actifs dans la région. Leurs actions sont marquées par des « pillages, enlèvements d’enfants, violences contre les civils et recrutement forcé ».
La députée a indiqué que cette insécurité transfrontalière est liée, en grande partie, à l’absence de contrôle effectif de certaines zones du territoire centrafricain, notamment dans les régions proches d’Ango et de Zapay, décrites comme enclavées et difficilement accessibles.
En réponse, le président Faustin-Archange Touadéra a reconnu les limites du contrôle de l’État dans ces zones et a plaidé pour un renforcement de la coopération bilatérale. Il a estimé que « la stabilisation de la frontière ne peut être atteinte sans une collaboration étroite entre Kinshasa et Bangui ».
Parmi les solutions évoquées figurent le développement des infrastructures routières et la construction de ponts afin de désenclaver les zones frontalières, favoriser les échanges économiques et réduire l’influence des groupes armés. L’objectif étant de restaurer l’autorité de l’État du côté centrafricain.
Grâce Neema Paininye a également mis en garde contre les effets de cette insécurité prolongée, notamment le risque d’émergence de groupes d’autodéfense locaux, susceptibles de reproduire des dérives observées ailleurs dans le pays.
Elle a rappelé que « la paix dans cette zone passe avant tout par le rétablissement de l’ordre en République centrafricaine », soulignant que l’instabilité persistante dans certaines zones frontalières continue d’affecter directement les populations congolaises.
La situation sécuritaire à la frontière entre la RDC et la RCA demeure ainsi un enjeu régional nécessitant des réponses coordonnées et « durables ».
Raphaël Kwazi