La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a participé, le 25 mars 2026, à Paris, au siège de l’UNESCO, à une rencontre internationale consacrée aux questions d’accès et d’équité dans l’éducation à l’horizon 2030.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du lancement du Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2026 (GEM), un événement réunissant responsables politiques, spécialistes et partenaires du secteur éducatif autour des défis liés au financement et à la justice éducative.
Lors d’un panel dédié au financement et à l’équité dans l’éducation, aux côtés de représentants des Philippines, du Brésil et de l’Espagne, la ministre d’État a défendu la position du gouvernement : en République démocratique du Congo, le financement de l’éducation constitue avant tout un levier de justice sociale.
Elle a souligné que la mise en œuvre progressive de la gratuité de l’enseignement primaire représente l’une des réformes les plus importantes en matière de redistribution sociale dans le pays. En transférant la charge financière des ménages vers l’État, a-t-elle expliqué, cette politique a permis d’accroître considérablement l’accès à l’école, notamment pour les enfants issus de familles défavorisées.
La ministre Raïssa Malu a rappelé qu’auparavant, près de 73 % du financement de l’éducation reposait sur les familles, s’appuyant sur les analyses du RESEN et de la Banque mondiale, traduisant ainsi une forme de privatisation de fait.
À l’en croire, l’instauration de la gratuité a entraîné un transfert significatif de pouvoir d’achat vers les ménages, estimé à plus d’un milliard de dollars par an, « ce qui en fait la plus vaste opération de redistribution sociale jamais réalisée dans le pays, tant par son ampleur que par sa rapidité ».
Au-delà de cette réforme majeure, Raïssa Malu a également mis en lumière les initiatives spécifiques en faveur de la scolarisation des filles. Elle a évoqué notamment des programmes de bourses destinés à réduire les inégalités de genre, en apportant un soutien direct aux élèves et à leurs familles.
Ces actions, a-t-elle martelé, visent à lever les freins économiques et sociaux qui entravent encore l’accès des jeunes filles à l’éducation. Elle a également insisté sur le rôle du programme national d’alimentation scolaire, présenté comme un outil essentiel pour renforcer la justice sociale et favoriser la fréquentation scolaire.
Face aux défis persistants, en particulier dans les zones touchées par les conflits et les déplacements de populations, la ministre a souligné l’importance d’adapter les réponses éducatives. Elle a notamment évoqué la mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage ainsi que des dispositifs spécifiques destinés à assurer la continuité de l’éducation pour les enfants en situation d’urgence.
Notons que le lancement du Rapport GEM 2026 constitue une étape importante dans l’évaluation des engagements internationaux en matière d’éducation.
Axé sur les enjeux d’accès et d’équité, ce document appelle les États à améliorer la répartition des ressources éducatives de manière plus juste et plus efficace.
La participation de la RDC à ce forum international illustre sa volonté de s’impliquer activement dans les réflexions mondiales sur l’avenir de l’éducation, tout en poursuivant ses efforts pour construire un système éducatif inclusif, équitable et résilient.
Cette rencontre faisait suite à la sixième réunion annuelle de la Coalition mondiale pour l’éducation, tenue les 23 et 24 mars.
ODN