Face aux tensions au Moyen-Orient et à leurs répercussions sur les marchés pétroliers mondiaux, la Première ministre, Judith Suminwa, a instruit le vice-premier ministre de l’Économie nationale, la ministre des Hydrocarbures ainsi que le ministre des Finances de mettre en œuvre une série de mesures, afin d’éviter une flambée des prix du carburant en RDC et de garantir l’approvisionnement du pays.
La décision majeure est la suspension, pour une durée de 45 jours, du principe de plafonnement du différentiel de transport, rapporte une dépêche de la Primature transmise ce mardi 24 mars 2026 à 7SUR7.CD.
Selon la même source, ce mécanisme permet de limiter les écarts de prix du carburant sur le territoire national. Pour contourner la difficulté d'exposer le pays à un risque de pénurie sans pénaliser la population, le Gouvernement a opté pour une approche équilibrée.
En parallèle de cette suspension, la cheffe du Gouvernement a instruit la suppression des redevances et la réduction des taxes perçues aux frontières sur les produits pétroliers. L'objectif est de compenser l’impact de la hausse des coûts internationaux et d'éviter une répercussion directe sur les prix à la pompe.
Ce mécanisme permet à l’État de garder la maîtrise des prix, tout en donnant plus de flexibilité aux fournisseurs afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement.
« Un mécanisme ingénieux qui consiste à garantir l’équilibre en cédant temporairement sur le principe de plafonnement, d’une part, et en conditionnant les fournisseurs, d’autre part », souligne la Primature.
Les mesures dérogatoires que les membres du gouvernement précités sont appelés à prendre visent notamment à maîtriser le choc lié à la crise au Moyen-Orient, alléger les charges sur les produits pétroliers aux frontières, sécuriser les circuits d’approvisionnement, notamment depuis le Kenya vers l’Est et la Tanzanie vers le Sud du pays, et mieux encadrer le fret et les assurances dans la fixation du prix moyen frontière.
Elles feront l’objet d’une évaluation à l’issue de la période de 45 jours.
Malgré ce contexte, précise la Primature, le Gouvernement se veut rassurant. Les stocks actuels permettent de couvrir les besoins du pays jusqu’au mois de juin. Plusieurs cargaisons sont également attendues dans les prochaines semaines pour renforcer les réserves et garantir la stabilité du marché intérieur.
Cette démarche gouvernementale s’inscrit dans la droite ligne des orientations du président de la République, Félix Tshisekedi, qui avait appelé à une réponse rapide et coordonnée face aux tensions géopolitiques internationales affectant les marchés énergétiques et financiers.
« Même si notre économie demeure globalement résiliente, cette conjoncture exige vigilance, cohésion et réactivité. Il apparaît dès lors nécessaire que le Gouvernement adopte une approche anticipative et coordonnée afin d’atténuer les effets de ces chocs externes, de préserver la stabilité macroéconomique et
de protéger le pouvoir d’achat de nos concitoyens », avait-il insisté lors du Conseil des ministres du 13 mars dernier.
En cause notamment, les perturbations dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz et le canal de Suez, par où transite une part importante du pétrole mondial, compliquant davantage les chaînes d’approvisionnement.
Merveil Molo