Comores : des migrants congolais meurent noyés

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Au moins 17 migrants, en majorité originaires de la République démocratique du Congo, sont morts noyés dans un naufrage survenu au large de la Grande Comore, dans l’océan Indien. Dix-sept corps ont été repêchés sur les plages de Mitsamiouli, tandis que d’autres personnes restent portées disparues, selon les autorités comoriennes.

D’après les rescapés, le groupe tentait de rejoindre le département français de Mayotte lorsqu’il a été abandonné par des passeurs sur un banc de sable à proximité des côtes comoriennes.

Le ministre de l’Intérieur des Comores, Mohamed Ahamada Assoumani, a indiqué que huit corps ont été retrouvés dans la nuit de mercredi à jeudi, avant que neuf autres ne soient repêchés dans la matinée.

« Dans la nuit (NDLR : de mercredi à jeudi), nous avons trouvé huit personnes décédées. Les corps ont été repêchés par les habitants de Mitsamiouli, pêcheurs et autorités. Ce matin, nous avons pu repêcher neuf corps, ce qui porte le bilan à 17 morts. Les garde-côtes sont en train de rechercher quatre personnes portées disparues », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Ceux qui sont vivants disent qu’ils sont congolais ».

Alertés par des cris de détresse, des habitants de Mitsamiouli se sont rendus sur la plage où ils ont découvert des hommes, des femmes et des enfants en difficulté. Selon les témoignages recueillis sur place, les migrants pensaient être arrivés à Mayotte. Déposés sur un banc de sable où ils avaient pied, ils ont tenté de rejoindre la côte à la nage. Mais plusieurs ne savaient pas nager et se sont noyés lorsque l’eau est devenue plus profonde.

« Nous étions en train de regarder le match (de football) Barça–Newcastle quand nous avons entendu des cris en provenance de la plage. Nous avons trouvé des hommes, des femmes, des enfants. Ils ont dit qu’ils croyaient être arrivés à Mayotte. Le passeur les a déposés sur un banc de sable à quelques mètres de la plage où ils avaient pied. Ils ont voulu rejoindre le rivage alors que beaucoup ne savaient pas nager. L’eau est devenue plus profonde », raconte un jeune habitant de Mitsamiouli ayant participé aux opérations de secours, relayé par les médias français.

Un survivant congolais de 25 ans a retracé son parcours. Originaire du Nord-Kivu, il a quitté cette région en proie à un conflit armé, traversé une forêt pendant trois jours, puis rejoint Dar es Salaam, en Tanzanie. De là, il a embarqué à bord d’un bateau pour un trajet de sept jours. Il a expliqué que les passagers ont d’abord été entassés dans la cale, avant de manquer de nourriture et d’eau au cours du voyage.

Selon les autorités locales, des migrants burundais figuraient également parmi les passagers du bateau.

Raphaël Kwazi