Une grève sauvage a été déclenchée ce lundi matin à Kinshasa par les conducteurs de taxis et de taxis-bus. Les grévistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « tracasseries administratives ». Pourtant, selon les autorités urbaines, ces contrôles ne sont rien d’autre que l’application stricte des dispositions légales encadrant la circulation et l’activité de transport public.
Plusieurs habitants de Kinshasa n’ont pas pu se rendre à leur lieu de travail aujourd’hui, faute de transport en commun, à la suite de ce mouvement.
« Il est incompréhensible que les grévistes s’opposent à une mesure de simple bon sens : se conformer à la loi afin que le pays fonctionne enfin comme un État normal. Cette grève est vraiment irresponsable et illégale », confie l’un d’eux à l’arrêt Kingasani Ya Suka (vers l’aéroport de N’djili), visiblement exaspéré par les perturbations causées par cette grève.
Vers la fin des « esprits de morts »
À Kinshasa, il n’est pas rare de voir circuler des véhicules sans rétroviseurs, sans pare-brise, dépourvus de feux ou encore réduits à de simples carcasses rouillées. D’autres roulent avec des lumières LED particulièrement éblouissantes, au mépris des règles élémentaires de sécurité routière. Pour de nombreux habitants, la circulation dans la capitale s’apparente parfois à un véritable Far West, où prolifèrent ces véhicules que les Kinois qualifient « esprit de mort » pour désigner des engins manifestement impropres à la circulation mais pourtant omniprésents sur les artères de la ville.
Des contrôles prévus par la loi
Les services compétents procèdent notamment à la vérification de plusieurs documents obligatoires : le permis de conduire, qui atteste de l’aptitude du chauffeur à conduire ; le certificat de contrôle technique, délivré par un centre agréé et attestant du bon état du véhicule ; l’assurance, en particulier la responsabilité civile, indispensable pour couvrir les victimes en cas d’accident ; l’autorisation de transport, requise pour exercer l’activité commerciale de transport de personnes et de biens ; ainsi que la vignette, qui constitue l’impôt sur les véhicules.

Les autorités rappellent que ces exigences visent avant tout à garantir la sécurité des usagers. En cas d’accident, il arrive fréquemment que des chauffeurs prennent la fuite, laissant les blessés et leurs familles sans assistance ni prise en charge, notamment lorsque les véhicules ne sont pas assurés.
Incivisme fiscal
La ville de Kinshasa, qui compte environ 1,4 million de véhicules, ne recense toutefois qu’environ 100 000 véhicules en règle avec la vignette, selon les chiffres avancés par les services urbains. Une situation que les autorités jugent préoccupante au regard des obligations fiscales et de la nécessité d’assurer l’entretien des infrastructures urbaines.
Restaurer l’autorité de l’État sur la voirie
Dans ce contexte, le gouverneur de la ville a instruit la police et les différents services urbains de restaurer l’autorité de l’État sur la voirie et de veiller au respect strict de la réglementation en vigueur, notamment afin d’écarter de la circulation les véhicules jugés dangereux ou en mauvais état.

Vers un renforcement du transport public
Par ailleurs, pour limiter l’impact de cette grève sur la mobilité des habitants et éviter toute forme de pression sur les autorités, la ville prévoit d’augmenter l’offre de transport public. Plusieurs bus ont déjà été commandés et devraient être livrés dans les prochains mois.
Le credo du gouverneur : le « retour à la norme »
Selon l’autorité urbaine, l’ensemble de ces mesures vise avant tout à protéger la vie et l’intégrité physique des habitants de Kinshasa. Elles visent également à rendre la circulation plus fluide, en écartant de la voirie les véhicules en mauvais état qui tombent fréquemment en panne et provoquent de nombreux embouteillages dans la capitale.
Pour rendre la ville de Kinshasa pleinement fonctionnelle, le credo du gouverneur Daniel Bumba demeure clair : le « retour à la norme », à travers le respect strict des règles qui encadrent la circulation et le transport urbain.
GMM