Des acteurs de la société civile ont lancé, ce vendredi à Kinshasa, une nouvelle offensive contre la corruption en République démocratique du Congo grâce à l’application mobile « Tofungola miso », qui signifie « Ouvrons les yeux » en français. Le plan quinquennal et la feuille de route du programme ont été présentés devant les institutions publiques, les agences du système des Nations unies ainsi que les partenaires techniques et financiers. L’initiative est portée par l’ASBL Dignité Humaine, en partenariat avec la GIZ – Coopération allemande et l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC).
À cette occasion, Dieudonné Mushagalusa, coordonnateur national du Panel d’experts de la société civile, a invité la population à dénoncer les actes de corruption afin de permettre leur répression. Il a expliqué que la plateforme offre aux citoyens une opportunité concrète de signaler les cas observés dans leurs milieux de vie, qualifiant la corruption de « véritable cancer » pour le pays.
Prospère Tunda, député national et membre du Réseau de parlementaires engagés dans la lutte contre la corruption, a estimé que l’outil « Tofungola miso » constituera un appui décisif aux lanceurs d’alerte. Il a appelé la population à s’en approprier et a rappelé qu’il est lui-même porteur de la loi sur la protection des lanceurs d’alerte à l’Assemblée nationale.
De son côté, Élodie Ntamuzinga W’Igulu, coordonnatrice de l’ASBL Dignité Humaine, a déclaré : « Ce projet est porté par la Dignité Humaine asbl en sigle « DH-RDC asbl », qui est une plateforme d’initiatives locales de développement d’envergure nationale œuvrant pour la promotion et la protection des droits de l’homme. Elle s’inscrit dans la droite ligne de la protection de la dignité humaine et des droits fondamentaux inaliénables à tous les êtres humains. Elle se veut un cadre de réflexion, d’innovations et d’actions en faveur de ses membres et de la population entière pour un développement harmonieux. Elle a été créée en 2014 par une équipe de femmes congolaises et des hommes acquis au leadership cohésif. Elle est dotée d’une personnalité juridique ».
Et d'ajouter : « Pour son rayonnement, elle est en collaboration de partenariat avec différentes plateformes, réseaux et synergie, des dynamiques d’envergure nationale, sous-régionale, régionale et internationale. Ces derniers couvrent donc son champ d’action dans la mesure où ils concernent les questions spécifiques pour l’atteinte des ODD telles que : bonne gouvernance, genre et droits humains, Santé (lutte contre les violences basées sur le genre sous toutes ses formes, le TBVIH/Sida, le paludisme, le diabète, les cancers gynécologiques, la lutte contre la Covid-19 et Mutuelle de santé) ».
Les acteurs de la société civile ont également annoncé une campagne médiatique nationale, avec des sessions de sensibilisation communautaire et une collaboration renforcée avec les médias, afin de promouvoir l’appropriation de l’application par la population.
Raphaël Kwazi